Publié le 13 juill. 2016
Richard Hétu

Tim Scott, le premier élu afro-américain à représenter la Caroline-du-Sud au Sénat américain, a livré un témoignage poignant aujourd'hui dans l'hémicycle de la chambre haute sur le traitement injuste que la police lui a réservé au fil des ans en raison de la couleur de la peau.

Le témoignage de Scott, un républicain, est précieux en cette période où plusieurs Blancs appartenant à son parti minimisent les doléances des Afro-Américains à l'égard de la police et accusent le mouvement Black Lives Matter de racisme.

Scott a raconté avoir été arrêté à sept reprises au volant de sa voiture au cours d'une même année alors qu'il siégeait en tant qu'élu. Il soutient que le plus grand nombre de ces contrôles routiers étaient injustifiés (il soupçonne la police de l'avoir parfois arrêté parce qu'il conduisait «une voiture neuve dans le mauvais quartier»).

Scott précise avoir également été soumis à des contrôles par des agents de sécurité du Capitole cinq ans après y avoir servi comme représentant ou sénateur. Je cite un extrait de son allocution :

«Je ne connais pas beaucoup d'Afro-Américains qui n'ont pas le même genre d'histoires à raconter, quelle que soit leur profession, quels que soient leurs revenus, quelle que soit leur situation dans la vie. (...) Imaginez la frustration, l'irritation, le sentiment de perte de dignité qui accompagne chacun de ces contrôles.»

«Même si je remercie Dieu de n'avoir jamais subi de blessures corporelles, j'ai cependant ressenti la pression découlant d'une justice appliquée de façon inéquitable. J'ai ressenti la colère, la frustration, la tristesse et l'humiliation qui viennent avec le sentiment d'être ciblé pour une raison autre que votre propre personne. (...) Il n'y a rien de plus frustrant, de plus destructif pour l'âme que lorsque vous êtes convaincu de suivre les règles et que vous êtes traité comme si ce n'était pas le cas.»

Le témoignage de Scott est également précieux dans le contexte de ce blogue, qui reçoit plusieurs commentaires inspirés par le racisme ou l'ignorance sur les relations difficiles et complexes entre les Afro-Américains et la police. Il n'est sans doute pas inutile que les auteurs de ces commentaires réalisent que Donald Trump ou Rudolph Giuliani ne parlent pas au nom de tous les républicains.