Publié le 12 janv. 2017
Richard Hétu

À l'issue de la première journée de l'audition de Rex Tillerson devant la commission des Affaires étrangères du Sénat, Marco Rubio a refusé de dire s'il appuierait sa nomination au poste de secrétaire d'État.

Le sénateur de Floride a exprimé son insatisfaction face au refus du patron d'ExxonMobil de dire que les bombardements russes à Alep faisaient de Vladimir Poutine un «criminel de guerre» et que le chef du Kremlin était responsable des assassinats et disparitions de dissidents et journalistes russes. Il a aussi critiqué son refus de condamner le président des Philippines Roberto Duterte pour ses violations des droits humains.

«Je n'utiliserais pas ce terme», a dit Tillerson en réponse aux accusations formulées par Rubio à l'endroit de Poutine (voir la vidéo qui coiffe ce billet).

Si Rubio vote contre Tillerson et que tous les démocrates de la commission des Affaires étrangères l'imitent, la nomination du Texan de 64 ans pourrait ne pas être soumise à un vote de l'ensemble du Sénat. Chose certaine, l'opposition du sénateur de Floride serait perçue non seulement comme un un affront par Trump mais également par le chef de la majorité au Sénat, Mitch McConnell.

John McCain et Lindsey Graham pourraient également voter contre la nomination de Tillerson. Mais ils ne siègent pas à la commission des Affaires étrangères.

Tillerson s'est démarqué de Trump dans certains dossiers au cours de son témoignage de plus de neuf heures. Il s'est notamment dit opposé à l'idée que le Japon et la Corée du Sud se dotent de l'arme nucléaire ainsi qu'à la création d'un registre pour les musulmans vivant aux États-Unis. Et il s'est dit en faveur d'une politique énergique pour empêcher la Russie d'étendre son influence. Il a fait valoir qu'il aurait fourni armes et renseignements à l'Ukraine après l'annexion de la Crimée par Moscou s'il avait été en fonction en 2014.

Fait étonnant, Tillerson a affirmé ne pas avoir parlé de la Russie avec Trump lors de leurs échanges. Le pdg d'ExxonMobil a représenté les intérêts de cette société pendant plusieurs années en Russie, conclu des ententes avec des pétrolières russes et noué une bonne relation avec Poutine.