«Un camouflet au visage du président.» Ce sont les mots utilisés par la journaliste de CNN Dana Bash pour décrire le refus de plusieurs républicains purs et durs de la Chambre des représentants d'annoncer cet après-midi leur appui au projet de loi pour abroger et remplacer l'Obamacare.

Publié le 23 mars 2017
Richard Hétu

Ces républicains ont rencontré cet après-midi Donald Trump à la Maison-Blanche et en sont ressortis sans avoir conclu une entente avec l'auteur du best-seller The Art of the Deal. Le projet de loi, présenté il y a deux semaines par Paul Ryan et amendé depuis, doit faire l'objet d'un vote plus tard aujourd'hui.

Vote qui pourrait cependant être reporté en raison de l'opposition de ces républicains ultra-conservateurs réunis au sein du Freedom Caucus et de certains de leurs collègues républicains plus modérés qui sont insatisfaits du texte de Ryan ou des concessions déjà offertes aux purs et durs.

Pourquoi les républicains les plus conservateurs rechignent-ils à endosser le plan Ryan? Selon les médias américains, Trump leur a pourtant fait une concession importante en se disant prêt à éliminer l'obligation faite aux assureurs privés de couvrir un ensemble de prestations minimales inscrites dans l'Obamacare, incluant les soins de maternité, les services d'urgence, les frais d'hospitalisation et les examens de santé préventifs.

En somme, pour faire plaisir aux purs et durs, Trump était prêt à revenir au temps où les assureurs pouvaient offrir des polices à bas prix qui ne couvraient à peu près rien. Mais les purs et durs n'étaient pas satisfaits. Ils voulaient également que Trump permette à nouveau aux assureurs privés de refuser de vendre des assurances aux personnes souffrant de conditions préexistantes.

Complètement débile? Je vous invite à lire cet article du Washington Examiner pour comprendre la logique derrière les demandes du Freedom Caucus, demandes qui n'ont évidemment pas toutes été acceptées par Trump, du moins pas encore.

Le Freedom Caucus, faut-il préciser, trouvait trop généreuse la première mouture du plan Ryan, lequel ferait perdre à 14 millions d'Américains leur couverture-santé en 2018 et à 24 millions en 2026, selon le Bureau du budget du Congrès.

Trump a endossé le plan Ryan, même si celui-ci trahit plusieurs de ses promesses électorales, dont celle de ne pas couper dans le programme d'assurance-maladie Medicaid pour les personnes à faible revenu.

Il finira peut-être par faire adopter par la Chambre des représentants un projet de loi sur la santé, mais le Sénat pourrait lui faire obstacle. Comme il l'a dit récemment, «personne ne savait que le dossier de la santé pouvait être si compliqué».

Personne.

Ajout: Il n'y a aura pas de vote aujourd'hui à la Chambre sur le projet de loi abrogeant et remplaçant l'Obamacare.