«Décret sur l'indépendance énergétique» : le nom officiel de la mesure que Donald Trump a signée cet après-midi pour démanteler le travail de Barack Obama sur le climat ne tient pas la route.

Publié le 28 mars 2017
Richard Hétu

Le décret ne réduira pas les importations énergétiques des États-Unis. Il donnera plutôt la priorité au développement des énergies sales du pays - charbon et pétrole - au détriment d'énergies plus propres - vent, soleil et gaz naturel.

Le décret risque en outre de décevoir les mineurs de l'industrie du charbon. Malgré les promesses de Trump, l'augmentation de la production de charbon à court ou à moyen terme ne se traduira pas par une hausse des emplois en raison de la mécanisation du processus d'extraction.

«Même si vous voyez une augmentation de la production, vous pourriez voir une diminution des emplois du charbon», a confié un expert de l'industrie au New York Times, dont voici le compte rendu sur le décret présidentiel.

Ainsi, le décret de Trump, promulgué au nom de l'indépendance énergétique et des emplois, pourrait n'avoir que très peu d'effet ou aucun sur l'un ou l'autre de ces objectifs. Il pourrait cependant faire l'affaire des propriétaires de mines.

Et il devrait empêcher les États-Unis d'atteindre les objectifs qu'ils s'étaient fixés en signant l'accord de Paris sur le climat, un sujet que Trump n'a pas abordé en vantant aujourd'hui le «magnifique charbon propre».

Cela dit, il pourrait s'écouler plusieurs années avant que le décret de Trump ne démantèle toutes les politiques vertes d'Obama, selon les experts juridiques.

P.S. : L'attaque frontale de Trump contre l'héritage d'Obama en matière d'environnement fera également plaisir au milliardaire Robert Mercer, un des plus importants bailleurs de fonds du Parti républicains et du site Breitbart News. Le New Yorker a consacré ce portrait dans son avant-dernier numéro à ce négationniste forcené du changement climatique.