Le Yémen et la communauté internationale doivent «faire plus» contre l'extrémisme, a déclaré mercredi à Londres la secrétaire d'État américaine Hillary Clinton, reconnaissant que les défis que doit affronter Sanaa étaient «impressionnants».

AGENCE FRANCE-PRESSE

«Les Yéménites méritent d'avoir l'opportunité de déterminer leur propre avenir, plutôt que de laisser leur sort entre les mains d'extrémistes qui incitent à la violence et infligent le mal», a dit Mme Clinton, selon le texte d'un discours transmis à la presse.

«Pour aider le peuple du Yémen, nous - la communauté internationale - pouvons et devons faire plus. Le gouvernement yéménite également».

Mais «les défis multiples que doit affronter le Yémen sont impressionnants», a reconnu la responsable.

Hillary Clinton est arrivée à Londres mercredi pour une réunion ministérielle visant à mieux aider le Yémen à lutter contre la menace d'Al-Qaeda, après l'attentat manqué contre un vol Amsterdam-Detroit le jour de Noël.

Prenant la parole au début de la réunion dont il est l'hôte, le ministre britannique des Affaires étrangères David Miliband a souligné que le Yémen traversait une crise «qui pourrait avoir des implications pour la population du Yémen et pour toute la région».

«Nous sommes ici parce que nous voulons empêcher cette crise, mais nous avons une occasion limitée pour inverser la tendance», a-t-il déclaré.

Le secrétaire au Foreign Office a promis à Sanaa le soutien de la communauté internationale pour éradiquer les racines du terrorisme, tout en soulignant que la responsabilité revenait «avant tout au gouvernement du Yémen».

«Il faudra un commandement clair et cohérent de la part du président (Ali Abdallah) Saleh et de son gouvernement pour résoudre les défis plus larges qui attendent le Yémen», a-t-il toutefois prévenu.

La communauté internationale «ne peut pas se permettre de ne pas agir» au Yémen a souligné Hillary Clinton insistant sur le fait que «des frontières peu sécurisées et des conflits politiques encouragent l'instabilité et ouvrent un espace aux terroristes».

«Les États-Unis se sont engagés à aider là où ils le peuvent mais le Yémen doit prendre en charge les défis que la nation affronte et ses affaires internes», a-t-elle souligné.

Mme Clinton a appelé le gouvernement yéménite à mettre en pratique son programme de réforme, à combattre la corruption et à améliorer les conditions pour l'investissement.

Elle a souhaité un cessez-le-feu avec les rebelles du nord du pays «pour qu'un processus de réconciliation et de reconstruction se mette en place».

Hillary Clinton a encore encouragé le dialogue avec les différentes composantes de la société yéménite pour que les élections parlementaires prévues en avril 2011, après avoir été reportées de deux ans, puissent permettre de «résoudre les désaccords dans les urnes plutôt que sur les champs de bataille».

Mme Clinton participera jeudi à la conférence sur l'Afghanistan également à Londres qui réunira quelque 70 pays pour convenir d'une stratégie pour le pays.