(Paris) Un groupe de cinéastes et acteurs iraniens, dont les réalisateurs primés Jafar Panahi et Mohammad Rasoulof, a dénoncé dimanche dans une lettre ouverte l’arrestation de plusieurs de leurs collègues ces derniers jours en Iran.

Publié le 16 mai
Agence France-Presse

La police a « perquisitionné les domiciles et les bureaux de plusieurs réalisateurs, confisquant des effets personnels et professionnels et a entamé des interrogatoires et des arrestations », selon cette lettre publiée sur le compte Instagram du réalisateur iranien Mohammad Rasoulof, Ours d’or au festival de Berlin en 2020 avec Le diable n’existe pas.

Mohammad Rasoulof, qui n’avait pu se rendre à Berlin pour recevoir son prix, a lui-même été condamné en Iran à un de prison, mais n’a pas encore commencé à purger sa peine.

La répression et la censure constituent « une violation de la liberté d’expression » et « réduisent à la portion congrue la sécurité des réalisateurs », dénonce le texte.

La lettre, qui ne dévoile pas les noms des personnes arrêtées, est également signée par l’influent réalisateur Jafar Panahi, ours d’Or en 2015 pour Taxi Téhéran, qui continue à faire des films en Iran malgré l’interdiction qui lui est opposée.

Les autorités iraniennes n’avaient pas réagi à cette lettre dans l’immédiat.

IranWire, un site d’informations basé en dehors de l’Iran, a fait état d’« une nouvelle vague d’arrestations de metteurs en scène et réalisateurs de documentaires ».

« Le 9 mai, deux réalisatrices de documentaires, Mina Keshavarz et Firoozeh Khosrovani, ont été arrêtées chez elles », ajoute ce site qui précise que des mandats d’arrêt avaient été émis à leur encontre.

Régulièrement sélectionnés dans les plus grands festivals internationaux, les films iraniens y remportent souvent les récompenses les plus prestigieuses.