(Toronto) Comme le protagoniste de sa trilogie How To Train Your Dragon, encore une fois finaliste aux Oscars, le cinéaste québécois Dean DeBlois traverse lui aussi une sorte de transformation dans sa vie professionnelle.

Victoria Ahearn
La Presse canadienne

Le scénariste et réalisateur originaire d’Aylmer, en Outaouais, est en nomination pour la troisième fois, dimanche, aux Oscars, pour How To Train Your Dragon: The Hidden World, dernier chapitre du passage à l’âge adulte de ce jeune Viking nommé « Hiccup ». Le dresseur de dragons, à qui le comédien montréalais Jay Baruchel prête sa voix dans la version originale anglaise, est devenu maintenant un jeune adulte dans ce dernier film. La saga maintenant terminée, Dean DeBlois veut lui aussi tourner une page dans sa propre vie.

Bande-annonce de How To Train Your Dragon: The Hidden World

« Je mets un peu de côté l’animation, le temps de voir si je peux lancer un projet en prise de vue réelle, a déclaré le réalisateur d’autres films d’animation comme Lilo et Stitch et de la série télévisée canadienne The Raccoons.

« J’aime les nouveaux défis, surtout si je suis un peu nerveux ou craintif, c’est généralement bon signe. Et je pense qu’après avoir passé 10 ans chez DreamWorks à travailler avec en grande partie la même équipe — les mêmes collaborateurs, les mêmes personnages —, ça fait du bien et c’est excitant d’envisager de nouveaux projets. »

Il y a notamment un projet de film basé sur la ligne de jouets « Micronautes » des années 1970, que DeBlois écrit pour les studios Paramount. Universal a aussi récemment accepté son idée de revisiter Treasure Island de Robert Louis Stevenson et un projet original, Storybook Ending, hybride d’animation et de prise de vue réelle.

« Je dois lancer un certain nombre de projets car inévitablement, ils pourraient tarder et dans certains cas tomber à l’eau, alors on espère toujours que l’un d’entre eux réussira », a déclaré le réalisateur en entrevue téléphonique depuis Los Angeles.

DeBlois a déjà été finaliste aux Oscars pour le premier How To Train Your Dragon, sorti en 2010, et sa suite de 2014. Cette fois-ci, dans cette catégorie de meilleur long métrage d’animation, il fait face au film français J’ai perdu mon corps, ainsi qu’à Klaus, « Le Chaînon manquant » et Toy Story 4. Aux Golden Globes, c’est Missing Link qui a décroché la timbale.

Comme les deux dernières fois où il était finaliste, DeBlois prévoit d’assister au spectacle de dimanche avec son mari et sa mère, qui vit à Eastern Passage, en Nouvelle-Écosse — et qui adore les tapis rouges.

« Je suis vraiment fier de ces films (How To Train Your Dragon), vraiment fier de l’effet qu’ils ont eu sur les gens, dit-il au bout du fil. Ils semblent avoir trouvé un bel écho et c’est devenu une sorte de franchise chérie pour beaucoup de gens — et cela me ravit. »