(New York) La perspective d’une politique plus stricte de la Banque centrale américaine a fait remonter les taux, grimper le dollar et baisser les actions vendredi, les places boursières occidentales brisant une série de hausses hebdomadaires.

Mis à jour le 19 août
Agence France-Presse

Wall Street a terminé en berne : le Dow Jones a reculé de 0,86 %,  le S&P 500 de 1,29 % et le NASDAQ, à dominante technologique et plus sensible aux mouvements des taux, a chuté de 2,01 %.

Sur la semaine, les trois indices ont lâché respectivement 0,16 %, 1,21 % et 2,62 % pour le NASDAQ.  

En Europe, Paris a perdu 0,94 %, Francfort 1,12 % et Milan 1,96 %. Londres est resté dans le vert, grappillant 0,11 %, aidé par la faiblesse de la livre.

Sur l’ensemble de la semaine, Paris, Francfort et Milan sont aussi dans le rouge. Cela interrompt une série de trois hausses consécutives pour les places allemande et italienne, et même de six semaines pour la cote française.  

Sur le marché obligataire, les rendements souverains poursuivaient leur hausse. Le taux pour l’emprunt américain à échéance 10 ans, qui fait référence, se rapprochait des 3 % (2,97 %) vers 20 h 30 GMT, alors qu’il avait clôturé à 2,79 % lundi. Dans le même laps de temps, le taux allemand à même échéance est passé de 0,89 % à 1,23 %.  

Les rendements obligataires « grimpent à travers le monde et cela affecte les actions », relevait auprès de l’AFP Peter Cardillo de Spartan Capital Securities.

Les acteurs du marché ont eu l’espoir que le ralentissement de l’inflation aux États-Unis en juillet et une série d’indicateurs montrant une croissance ralentie incitent la Banque centrale américaine à un pivot vers une politique monétaire plus souple.  Mais plusieurs déclarations de responsables de l’institution ont remis en cause cette perspective.

Surtout que l’inflation peut réserver des surprises et continuer de progresser fortement, comme l’ont montré les prix à la production en Allemagne vendredi, avec une hausse de 37,2 % en juillet sur un an, un nouveau record.

« Cela n’augure rien de bon pour les prix à la consommation », présage Konstantin Oldenburger, de CMC Markets.  

La possibilité de nouveaux forts relèvements des taux directeurs entraînait à la hausse les taux obligataires, mais renforçait aussi le dollar. Le billet vert revenait proche de la parité avec l’euro, à 1,0042 dollar pour un euro vers 18 h 40 GMT. La livre perdait elle autour de 1 %.  

Le dollar index, qui compare le billet vert à un panier d’autres grandes monnaies, frôlait son plus haut en plusieurs décennies atteint le 14 juillet.

La semaine prochaine se déroule la grand-messe annuelle des Banques centrales au symposium de Jackson Hole (États-Unis) où le président de la Fed Jerome Powell doit s’exprimer vendredi.

Nouvelle séance d’horreur pour Cineworld

La chaîne de salles de cinéma britannique Cineworld a dévissé de près de 60 % vendredi à la Bourse de Londres après une information du Wall Street Journal assurant que l’entreprise « se prépare à déposer le bilan dans les semaines qui viennent ». La valorisation a fondu de 80 % en une semaine.  

Les cryptomonnaies glissent

Autre signe de l’aversion au risque qui domine vendredi, le marché des cryptomonnaies dérapait. La principale, le bitcoin, perdait 9,39 % à 21 231 dollars vers 18 h 40 GMT.

Rivian et GM

Le constructeur de véhicules électriques Rivian a fondu de 4,04 % à 34,45 dollars après avoir annoncé abandonner la production de sa version la moins chère de sa camionnette électrique.

General Motors en revanche a été recherché (+2,53 % à 39,70 dollars) alors que le constructeur automobile veut redistribuer un dividende et reprendre un programme de rachat d’actions a été bien accueillie.

Du côté du pétrole et du gaz

Les cours du pétrole ont poursuivi leur rebond entamé mercredi.

Le prix du baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en octobre a grappillé 0,13 %, pour clôturer à 96,72 dollars.

Le baril de West Texas Intermediate (WTI) américain, pour livraison en septembre, a lui gagné 0,29 %, à 9077 dollars.

Le prix européen du gaz poursuivait sa hausse inexorable. Le TTF néerlandais, référence du gaz naturel en Europe, a clôturé en hausse de 1,49 % à 247,6 euros le mégawattheure après avoir frôlé une nouvelle fois les 250 euros.