(Paris) Les Bourses mondiales évoluaient jeudi sans direction claire après l’annonce du recul des prix de gros aux États-Unis, un second marqueur d’un ralentissement de l’inflation outre-Atlantique.

Mis à jour le 11 août
Agence France-Presse

Les Bourses européennes ont clôturé divisées, plombées par le secteur de la santé et par le prix du gaz toujours très élevé, les empêchant de suivre le mouvement de Wall Street. Paris a pris 0,33 %, Milan 0,69 %, Francfort a fini quasi stable (-0,05 %), mais Londres a perdu 0,55 %.

La Bourse de New York était plutôt dans le vert, vers 16 h 15 GMT le Dow Jones prenait 0,47 %, l’indice élargi S&P 500 0,37 %, tandis que le NASDAQ perdait 0,08 %.  

Le recul des prix à la production (PPI), indicateur scruté par les marchés, confirme la tendance du ralentissement de l’inflation révélée mercredi par la publication des prix à la consommation aux États-Unis. Ils ont ralenti plus que prévu en juillet, notamment grâce à la baisse du prix de l’essence à la pompe, mais reste à un niveau très élevé.

L’indice PPI a reculé de 0,5 % en juillet par rapport à juin, après des hausses de 1,0 % en juin et 0,8 % en mai.

Ces statistiques redonnent « un peu de visibilité sur le front de l’inflation car les baisses des prix sont plus rapides qu’attendues », explique Patrice Gautry, chef économiste au sein de l’Union Bancaire Privée, alors que la hausse des prix semblait ces derniers mois « hors de contrôle » pour les banques centrales.

Mais sur le Vieux Continent, « étant donné que l’Europe est beaucoup plus sensible à la hausse des prix de l’énergie, notamment du gaz naturel », il n’est pas garanti que l’inflation ralentisse prochainement, selon Michael Hewson, analyste à CMC Markets.

Le contrat de référence du gaz naturel en Europe montait de 1,33 % vers 16 h 20 GMT, après avoir dépassé 216 euros le mégawattheure (MWh) plus tôt.

Les taux d’intérêt souverains montaient en Europe. Le taux d’emprunt de l’Allemagne à dix ans valait 0,966 % vers 16 h GMT contre 0,884 % à la clôture la veille.

Du côté du pétrole, de l’euro et du bitcoin

L’Agence internationale de l’énergie (AIE) a légèrement revu à la hausse jeudi sa prévision pour cette année de la croissance de la demande mondiale de pétrole, ce qui profite aux cours du pétrole.

Vers 16 h 10 GMT, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison octobre augmentait de 2,22 % à 99,57 dollars. Celui de West Texas Intermediate (WTI) américain pour livraison en septembre prenait 2,64 % à 94,34 dollars.

Comme la veille, l’euro continuait de progresser face au dollar, la prévision par les marchés d’une atténuation du resserrement monétaire de la Fed favorisant la monnaie unique.  

Vers 16 h 10 GMT, l’euro gagnait 0,36 % à 1,0336 dollars.

Le bitcoin gagnait 1,66 % à 24 300 dollars.  

La pharmacie à court

Une note de la banque UBS a notamment ravivé les craintes quant à un litige autour d’un médicament d’un médicament utilisé contre les brûlures d’estomac, fabriqué par plusieurs laboratoires dont GSK, qui a chuté de 10,06 % à Londres et Sanofi qui a perdu 3,33 % à Paris.  

Les actions d’AstraZeneca (-2,19 %) et Haleon (-4,90 %) ont été aussi pénalisées, « ce qui semble donner une dose d’indigestion au FTSE100 », selon Michael Hewson.

À Wall Street, Pfizer perdait 3,01 %.

Disney+ enchante les marchés

La plateforme Disney+ a attiré 14,4 millions de nouveaux abonnés entre mars et juin, portant son total à 152 millions et rassurant un marché inquiet des risques de saturation des services numériques. À New York, le titre grimpait de 5,34 %.

Aegon relève ses perspectives

L’assureur néerlandais Aegon a fait état d’une perte nette au deuxième trimestre, mais a annoncé relever ses prévisions pour 2022 concernant la génération de capital d’exploitation.

Le titre a décollé de 8,90 %.