Les prix du pétrole ont conclu en modeste hausse vendredi après un solide indicateur américain et une semaine de fort repli jusqu’à leurs niveaux précédant l’invasion russe de l’Ukraine, minés par les craintes de récession qui pèsent sur la demande.

Publié le 5 août
Agence France-Presse

Le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en octobre est monté de 0,84 % à 94,92 dollars.

Le baril de West Texas Intermediate (WTI) américain pour livraison en septembre a pris 0,53 % à 89,01 dollars.

« On a vu les actions américaines reculer un peu et les prix du pétrole remonter », a commenté Matt Smith de Kpler ajoutant que le rapport américain sur l’emploi pour juillet, qui a affiché des embauches bien plus fortes que prévu, « reflétait une économie en meilleure forme » qu’anticipé. Cela plaidait à court terme pour une plus forte demande d’énergie aux Etats-Unis, ce qui était positif pour les cours.

Le taux de chômage américain a reculé de 0,1 point pour tomber à 3,5 %, retrouvant son niveau d’avant la pandémie, a annoncé vendredi le département du Travail. En juillet, 528 000 emplois ont été créés, deux fois plus qu’attendu.

Mais pour l’analyste, le mouvement de hausse des cours du brut avait plus à faire avec des facteurs techniques.

« Pour être honnête, comme on clôt la semaine après une forte baisse des prix, les courtiers ont peut-être cherché à nettoyer leurs positions avant le week-end », a-t-il indiqué. « C’est un retour de fortune pour l’or noir après une très dure semaine », a résumé Matt Smith.

Les prix du pétrole restent proches de « leur plus bas depuis le début de la guerre de la Russie contre l’Ukraine », a souligné Stephen Brennock, analyste de PVM Energy.

Le Brent demeure toutefois en hausse de plus de 21 % sur l’année et le WTI américain de plus de 18 %.

« La perspective d’une baisse de la demande dans un contexte de ralentissement économique mondial » reste « au cœur de ce repli », a poursuivi M. Brennock.

La Banque d’Angleterre a annoncé jeudi qu’elle prévoyait que le Royaume-Uni entrerait en récession pour plus d’un an dès fin 2022. Un « sombre pronostic » intervenu alors que la Banque annonçait sa plus forte hausse des taux d’intérêt depuis 1995.

Au cours de la semaine, les craintes pour l’économie mondiale étaient telles que les cours ont fait abstraction « de la hausse négligeable de l’offre » de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole et leurs alliés (Opep+) mercredi, rappelle Han Tan, analyste chez Exinity.

Le cartel a consenti à une augmentation de son volume total de production d’à peine 100 000 barils par jour pour septembre, une goutte d’eau pour le marché.

Elle « équivaut à seulement 0,1 % de la demande mondiale de pétrole », estime Stephen Brennock.