(New York) Les marchés ont été repris mercredi par leur angoisse de voir une récession se matérialiser dans les prochains mois, entraînés par la glissade du secteur de l’énergie.

Mis à jour le 22 juin
Agence France-Presse

En Europe, Paris a perdu 0,81 %, Londres 0,88 %, Francfort 1,11 % et Milan 1,36 %.

À Wall Street, le Dow Jones s’est effrité de 0,15 %, l’indice NASDAQ, influencé par les valeurs technologiques, a perdu 0,15 %, et l’indice élargi S&P 500, 0,13 %.

« Les craintes d’un ralentissement mondial imminent gagnent du terrain », a constaté Michael Hewson, analyste de CMC Markets.

Même Jerome Powell, président de la banque centrale américaine (Fed), a évoqué ce scénario, reconnaissant devant le Congrès qu’un relèvement rapide des taux directeurs pourrait provoquer une récession, même si ce n’est pas l’effet recherché.

La dernière action de la Fed — une hausse très marquée des taux directeurs de 0,75 point de pourcentage — avait ébranlé les marchés actions la semaine passée.

Jerome Powell s’est voulu cependant rassurant et a affirmé que l’économie américaine était suffisamment « solide et bien placée pour faire face à un resserrement monétaire ».

Ces propos ont d’ailleurs permis aux indices boursiers de voir leurs pertes se réduire par rapport au début de séance. « Les marchés détestent les incertitudes, donc ils avaient peur que Powell tienne un discours agressif et finalement, c’est le discours classique qui ne dit pas grand-chose », a expliqué Lionel Melka, directeur de la recherche à Homa Capital.

« Globalement, le fait d’avoir fini cette journée sans effacer une portion significative des gains réalisés hier (mardi) est une victoire », a lancé Art Hogan, de National Securities.

Quant au marché obligataire, « il table sur une récession », selon l’analyste. Le taux allemand à dix ans est tombé à 1,62 % contre 1,73 % à la clôture de la veille, et le rendement américain à même échéance atteignant 3,15 %, en nette contraction par rapport aux 3,27 % de mardi.

Les matières premières mal en point

Les prix du pétrole ont fortement baissé mercredi avant de limiter leur repli en fin de séance, emportés par les craintes de récession conjuguées à la volonté du président Joe Biden d’enrayer l’escalade des coûts du carburant.

Le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en août a perdu 2,53 %, à 111,74 dollars, tandis que le baril de West Texas Intermediate (WTI) américain, pour livraison le même mois, a lâché 3,04 % à 106,19 dollars, après avoir plongé de plus de 7 % en séance.

Les cours des métaux ont également chuté, notamment le cuivre, poussé à un plus bas depuis plus d’un an.

Les valeurs minières trinquaient, comme Umicore en Belgique (-8,02 %) après la présentation d’un plan d’investissement pour 2026, Voestalpine en Autriche (-13,11 %), ArcelorMittal en France (-9,56 %) ou encore Glencore (-6,89 %) à Londres.  

Le refus de la fusion entre les sidérurgistes indien Tata Steel et allemand ThyssenKrupp (-7,98 %) par la Commission européenne, confirmé mercredi par la Cour de justice de l’UE, pesait aussi sur le secteur.  

« Le fait de ne plus pouvoir faire de fusion et de créer des synergies, c’est plutôt une mauvaise nouvelle pour le secteur des aciéristes », selon Lionel Melka.

A New York, les pétroliers Exxon Mobil (-3,96 %) et Chevron (-4,35 %), l’aciériste US Steel (-2,70 %) ou le groupe gazier Cheniere (-4,44 %) ont mal vécu la séquence, tout comme la minière Freeport-McMoRan (-7,96 %).

BASF pessimiste

Le groupe chimique BASF (-5,81 %) doit se préparer à des temps plus difficiles après un bon premier semestre, a déclaré lors d’un forum industriel à Berlin son PDG Martin Brudermüller, comme rapporté par le Handelsblatt. D’autres valeurs chimiques comme Bayer (-2,13 %), Brenntag (-4,17 %) ou Covestro (-5,48 %) étaient entraînées dans le rouge.

Du côté des changes

La livre se stabilisait à 1,2263 dollar, après un plongeon de près de 1 % face au dollar suscité par la publication d’une inflation à 9,1 % en mai au Royaume-Uni — un nouveau record en 40 ans. Une inflation qui pèse toujours plus sur le budget des ménages et l’économie britannique.

L’euro montait de 0,34 % face au dollar à 1,0569 dollars.