(New York) Les marchés mondiaux ont nettement progressé jeudi, rassurés par la possibilité d’un durcissement moins marqué que prévu de la politique de la Réserve fédérale américaine (Fed) et portés par des résultats d’entreprises dans le secteur de la distribution.  

Mis à jour le 26 mai
Agence France-Presse

Les indices européens ont terminé en nette hausse, même si les volumes étaient réduits, jeudi étant un jour férié dans certains pays. Paris a pris 1,78 %, Francfort 1,59 %, Milan 1,22 % et Londres 0,56 %.

À Wall Street, le Dow Jones a pris 1,61 %, l’indice NASDAQ, 2,68 %, et l’indice élargi S&P 500, 1,99 %.

Les investisseurs restaient séduits par le compte-rendu de la dernière réunion de la Fed, publié mercredi.

« La Fed s’est engagée à ne procéder qu’à des hausses de taux d’un demi-point jusqu’au symposium de Jackson Hole » en août, ce qui « élimine le risque d’un resserrement agressif à court terme » avec des hausses de trois quarts de point que craignaient les investisseurs, résume Edward Moya, analyste d’Oanda.

Le compte-rendu a aussi montré que le scénario, émergent cette semaine, d’une banque centrale qui pourrait lever le pied à partir de septembre dans son durcissement monétaire pour ne pas accabler l’activité économique américaine, était réaliste, selon Joe Manimbo, de Western Union.

Toutefois, l’enthousiasme reste mesuré alors que l’activité économique mondiale continue de donner des signes de faiblesses. En Asie, le premier ministre chinois a estimé que l’économie de son pays était à un « moment critique », en proie à des difficultés « plus importantes encore qu’en 2020 » face à la COVID-19.

La distribution donne l’élan

Après avoir déçu les investisseurs lors des publications de Walmart ou de Target, le secteur de la distribution a apporté des bonnes nouvelles.  

Malgré les « pressions macroéconomiques », « nos clients ont continué à acheter », a déclaré Jeff Gennette, le directeur général de Macy’s (+19,31 %), qui a dépassé les attentes des analystes.

l’enseigne d’articles de décoration Williams Sonoma (+13,06 %) ou le distributeur à bas prix Dollar General (+13,71 %), qui a même relevé ses prévisions sur l’année, ont aussi fait mieux que prévu.

Un vent porteur a, du coup, soufflé sur l’ensemble du secteur de la distribution, bénéficiant à Nordstrom (+5,26 %), qui avait aussi dépassé les attentes la veille, mais aussi à Walmart (+2,13 %), Target (+4,33 %) ou Home Depot (+3,15 %).

A Londres, les valeurs de la distribution ont bondi grâce à un paquet de 15 milliards d’aides pour les ménages les plus démunis, notamment Ocado (+11,54 %), B & M (+7,27 %), Next (+6,43 %) et Marks & Spencer (+7,90 %).

Ailleurs en Europe, Inditex (+5,15 %) a aussi profité de ce mouvement.  

Musk remet une pièce dans la machine

Twitter a aussi été recherché (+6,35 % à 39,52 dollars), après l’annonce, mercredi, qu’Elon Musk avait relevé la part d’apport direct qu’il mettait sur la table pour racheter le réseau social, à 33,5 milliards de dollars, contre 21 prévus au départ.

L’entrepreneur a ainsi renoncé à la totalité de l’emprunt de 12,5 milliards de dollars garantis par des actions Tesla qu’il devait initialement souscrire, ce qui a valu un rebond au titre du constructeur de véhicules électriques (+7,43 % à 707,73 dollars).

L’énergie sous pression à Londres

Les énergéticiens britanniques comme Centrica (-7,24 %) ou SSE (-4,61 %) ont dévissé après l’annonce que le gouvernement évaluait la possibilité de les mettre à contribution face à la crise du coût de la vie, même s’ils échappent pour l’instant à une taxe exceptionnelle sur les bénéfices du secteur pétrolier qui devrait permettre d’obtenir cinq milliards de livres. Les actions de ces entreprises étaient soutenues jeudi par les prix du pétrole, comme Shell (+1,07 %).  

Le pétrole monte, le rouble dévisse 

Les cours du pétrole ont bondi jeudi, à quelques heures d’un week-end férié qui va marquer le début de la saison des grands déplacements aux États-Unis et une montée en puissance de la demande de carburant.

Le prix du baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en juillet a gagné 2,95 %, pour clôturer à 117,40 dollars.

Quant au baril de West Texas Intermediate (WTI) américain, également pour juillet, il a glané 3,40 %, à 114,09 dollars.

L’euro montait de 0,44 % à 1,0729 dollar. Le rouble russe, qui avait atteint mercredi 55,31 roubles pour un dollar, un plus haut depuis sept ans, dévissait (-6,5 % à 64,60 roubles) alors que la banque centrale russe a abaissé son principal taux de 14 % à 11 %.

Le bitcoin fléchissait de 0,91 % à 29 454 dollars.