(New York) Les cours du pétrole ont repris leur souffle, jeudi, après une forte hausse la veille, pris entre la perspective d’un embargo européen sur les importations russes et les signes de fléchissement de la demande.

Mis à jour le 12 mai
Agence France-Presse

Le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en juillet, a abandonné 0,05 %, pour clôturer à 107,45 dollars.

Le baril de West Texas Intermediate (WTI) américain, avec échéance en juin, a lui grappillé 0,39 %, pour finir à 106,13 dollars.

« Les données économiques sont telles qu’elles empêchent les prix de monter davantage », a commenté John Kilduff, de la société de conseil en investissement Again Capital. L’analyste a notamment mentionné les conséquences des confinements sur l’activité en Chine.

Jeudi, l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) a revu en baisse son estimation de croissance mondiale pour 2022, de 3,9 % à 3,5 %.

Elle a appelé à « un suivi étroit » de l’économie du globe, face aux « défis » de la pandémie, de l’inflation, des perturbations logistiques et de resserrements monétaires opérés par plusieurs banques centrales.

L’OPEP table désormais sur une augmentation de la demande de pétrole de 3,4 millions de barils par jour (mb/j) en 2022 par rapport à l’année précédente, soit 300 000 barils de moins quotidiennement que la prévision publiée le mois dernier.

« Les prix élevés (du pétrole) provoquent une contraction de la demande, ce qui pèse sur l’économie », a fait valoir John Kilduff.

Par ailleurs, l’aversion actuelle des investisseurs pour le risque bénéficie au dollar, au plus haut de son histoire face à un panier de grandes devises, ce qui pénalise les cours du pétrole, eux-mêmes libellés en dollars, a expliqué, dans une note, Edward Moya, d’Oanda.

L’analyste a également constaté que l’élan qu’avait procuré à l’or noir le projet d’un embargo de l’Union européenne sur les importations de pétrole russe « (semblait) perdre de la vigueur ».

Selon l’agence Bloomberg, plusieurs États membres de l’UE plaideraient pour un report de cet embargo, dont l’adoption nécessite l’unanimité.

Le manque d’avancée concrète sur ce dossier a relégué au second plan l’annonce, jeudi, du géant russe Gazprom, qui a cessé d’acheminer du gaz vers l’Europe en passant par la partie polonaise du gazoduc provenant du champ de Yamal, dans le nord de la Russie.

Gazprom avait déjà annoncé, fin avril, suspendre ses livraisons de gaz à la Bulgarie et la Pologne.