(New York) Les marchés européens ont suivi sans s’effrayer les annonces des nouvelles sanctions contre la Russie, en représailles à son invasion de l’Ukraine, tandis que Wall Street a capitalisé sur de bons indicateurs macroéconomiques américains.

Mis à jour le 24 mars
Agence France-Presse

À l’image d’une session où ils ont changé plusieurs fois de direction, les indices européens ont terminé en ordre dispersé : Paris en baisse de 0,39 % et Francfort de 0,07 %. À l’inverse, Londres a pris 0,09 % et Milan 0,42 %.

À Wall Street, le Dow Jones a gagné 1,02 %, le NASDAQ, à forte composition technologique, a pris 1,93 %, et l’indice élargi S&P 500, a grimpé de 1,43 %.

Après un mois d’interruption, la Bourse de Moscou a repris partiellement – et avec de nombreuses précautions – les échanges jeudi. L’indice Moex, libellé en roubles, a gagné 4,37 %, alors que l’indice RTS, libellé en dollars, a plongé de 9 %.  

Les actualités géopolitiques et macroéconomiques ont dominé la séance. « Les marchés font preuve d’une certaine résilience face à l’incertitude persistante liée à la guerre en Ukraine », ont estimé les analystes de la société d’investissement Schwab.  

Un mois après le début de l’invasion russe, Washington a annoncé de nouvelles sanctions financières contre la Russie, visant le monde politique, des oligarques et l’industrie de défense russes.

Les États-Unis comptent aussi renforcer la coordination avec leurs alliés occidentaux pour empêcher la Russie d’utiliser ses réserves d’or.  

La réunion de l’OTAN jeudi a profité aux valeurs de la défense, comme Thalès (+1,72 %) en France, Rheinmetall (+8,89 %) et Hensoldt (+3,61 %) à Francfort.

Côté macroéconomique, les indicateurs PMI en zone euro et aux États-Unis se sont avérés supérieurs aux attentes, la croissance de l’activité s’accélérant même côté américain.

À New York, le marché actions a aussi été encouragé par plusieurs bons indicateurs macroéconomiques, notamment les nouvelles inscriptions hebdomadaires au chômage, bien inférieures aux attentes et au plus bas depuis plus de 52 ans.

« C’est tellement bas que cela montre la solidité de notre économie », a commenté Kim Forrest, responsable de l’investissement chez Bokeh Capital Partners.

Le pétrole en pause

Les prix du pétrole se sont repliés jeudi, alors qu’une série de sommets internationaux n’a pas débouché, pour le moment, sur des sanctions européennes contre les hydrocarbures russes, tandis que des mesures sont envisagées pour augmenter l’offre de pétrole.

Le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en mai a cédé 2,11 % à 119,03 dollars et le baril de West Texas Intermediate (WTI) pour livraison le même mois a perdu 2,26 % à 112,34 dollars.

Sur le marché des matières premières, les cours du nickel sont repartis à la hausse, atteignant la limite supérieure de +15 % autorisée par le London Metal Exchange.  

Profitant des tensions sur les matières premières, les aciéristes US Steel (+6,50 %) et Cleveland-Cliffs (+12,04 %) ont nettement progressé aux États-Unis, BHP (+2,54 %) et Rio Tinto (+1,21 %) ayant aussi gagné du terrain à Londres.

Renault, Sanofi et Deutsche Bank se positionnent sur la Russie 

Le constructeur automobile français Renault, publiquement ciblé par le président ukrainien Volodymyr Zelensky pour ses activités en Russie, a annoncé mercredi suspendre immédiatement les activités de son usine de Moscou et évaluer « les options possibles concernant sa participation » dans sa grosse filiale russe, AvtoVAZ. Le titre a reculé de 0,78 %.

L’action de Sanofi a baissé de 0,43 %. Le groupe a annoncé « arrêter toute nouvelle dépense qui ne serait pas directement liée » à la fourniture de ses « médicaments essentiels et vaccins en Russie et en Biélorussie ».

De son côté, emboîtant le pas d’autres grandes institutions, la première banque allemande Deutsche Bank (-0,47 %) « n’examinera pas de nouvelles demandes commerciales de l’étranger pour les clients de gestion de fortune ayant un lien avec la Russie », selon un communiqué transmis à l’AFP.

Uber accueille les taxis de New York

Uber a passé la seconde à Wall Street (+4,96 % à 34,70 dollars), après que le groupe a indiqué qu’il allait désormais intégrer l’ensemble des taxis new-yorkais sur sa plateforme, à des tarifs similaires à ceux de la formule de base Uber X.

Du côté des devises

Après des semaines de secousses, l’euro se stabilisait face au dollar, à 1,0997 dollar pour un euro (-0,06 %).

Le bitcoin prenait 3,66 % à 43 912 dollars.