(New York et Toronto) La Bourse de New York a retrouvé le sourire mardi après des signes de détente dans la crise ukrainienne avec l’annonce d’un retrait partiel des troupes russes à la frontière.

Mis à jour le 15 février
Agence France-Presse et La Presse Canadienne

Selon des résultats définitifs à la clôture, le Dow Jones a gagné 1,22 % à 34 988,84 points, rebondissant après trois séances consécutives de pertes. Le NASDAQ, à dominante technologique, a bondi de 2,53 % à 14 139,76 points. Le S&P 500 a engrangé 1,58 % à 4471,07 points.

L’indice composé S&P/TSX de la Bourse de Toronto a gagné 150,04 points pour terminer la séance avec 21 502,55 points.

Sur le marché des devises, le dollar canadien s’est négocié au cours moyen de 78,49 cents US, en baisse par rapport à celui de 78,51 cents US de la veille.

À la Bourse des matières premières de New York, le cours du pétrole brut a plongé de 3,39 $ US à 92,07 $ US le baril, pendant que celui du gaz naturel a avancé de 11,1 US à 4,31 $ US le million de BTU.

Le prix de l’or a reculé de 13,20 $ US à 1856,20 $ US l’once et celui du cuivre a pris 2,4 cents US à 4,53 $ US la livre.

« Les actions ont brisé la séquence de trois séances de pertes, après l’annonce que la Russie a commencé à retirer ses troupes de la frontière ukrainienne, calmant un peu les tensions dans la région », soulignaient les analystes de Schwab.

Le ministère russe de la Défense a annoncé qu’une partie des 100 000 hommes déployés aux frontières ukrainiennes retournaient dès mardi en garnison, et diffusé des images de blindés chargés sur un train.

Le président russe Vladimir Poutine a confirmé ce « retrait partiel ». Les États-Unis de leur côté ont demandé une désescalade « vérifiable ».

Une attaque russe contre l’Ukraine reste « tout à fait possible », mais il faut « donner toutes ses chances à la diplomatie », a déclaré le président américain Joe Biden.

« D’après les informations, les Russes disent qu’ils retirent les troupes, mais personne ne les a vus faire », commentait Karl Haeling de LBBW. « Le marché a pourtant une façon de savoir ce qu’il se passe, et quand on voit à quel point le pétrole a chuté, les investisseurs ont le sentiment qu’au-delà des communiqués officiels, les Russes ne vont pas envahir », a ajouté l’analyste.  

Les cours du brut ont dégringolé de plus de 3 % mardi emportés par des signes de désescalade dans la crise ukrainienne.

Hormis l’Ukraine, les investisseurs restaient focalisés sur la politique monétaire, surtout après la publication de l’indice des prix de gros en janvier aux États-Unis.

Les prix à la production (indice PPI) ont grimpé de 1 % en janvier sur le mois, leur plus forte hausse depuis un an et deux fois plus qu’attendu. Sur 12 mois, la hausse des prix de gros est de 9,7 %.

« Ces chiffres renforcent l’idée que le Comité monétaire de la Fed va commencer ses hausses de taux le mois prochain avec un relèvement d’au moins 0,25 % », a commenté Mahir Rasheed, économiste pour Oxford Economics.  

À ce jour, les investisseurs pensent même qu’il y a 57 % de chances que la Réserve fédérale procède à un relèvement de 0,50 point de pourcentage dès la première réunion du comité monétaire FOMC le 16 mars, selon les contrats à terme sur les fonds fédéraux.

Les rendements obligataires sur les bons du Trésor à 10 ans se sont tendus à 2,05 %, proches de leur plus haut niveau depuis fin juillet 2019, contre 1,98 % la veille.

Sur le front des résultats d’entreprises, les titres du groupe hôtelier Marriott International ont été salués (+5,76 % à 181,20 dollars) après la publication d’un chiffre d’affaires et bénéfice bien meilleurs qu’attendu au 4e trimestre.

Les résultats pourtant bons d’Avis ont en revanche été mal accueillis (-12,05 % à 171,25 dollars), certains analystes reprochant au loueur de voitures des prix trop bas. L’action, très volatile avec les aléas de l’épidémie de COVID-19, était montée à plus de 350 dollars en novembre.

Hormis l’énergie (-1,39 %) notamment, quasiment tous les secteurs du S&P 500 ont terminé dans le vert, emmenés par le secteur des technologies de l’information (+2,73 %).

Les secteurs liés au tourisme et aux déplacements comme l’hôtellerie, mais aussi les compagnies aériennes et les croisiéristes, aidés par la chute des prix du pétrole, étaient à la fête.  

Ainsi Hyatt Hotel Corporation a gagné 8,18 %, Disney 2,57 % et le titre d’Expedia a atteint un sommet historique à 211,93 dollars (+7,49 %).

La compagnie aérienne American Airlines s’est envolée de plus de 8 % entraînant ses rivales tandis que les croisières ont profité de l’élan comme Carnival ou Norwegian Cruise Line en hausse de plus de 6 %.

Le géant américain des microprocesseurs Intel a gagné 1,81 % à 48,44 dollars après avoir annoncé son projet de rachat pour 5,4 milliards de dollars de la société israélienne Tower SemiConductor, une fonderie spécialisée dans les semi-conducteurs analogiques utilisés dans des voitures, des appareils médicaux et des caméras de sécurité.