(New York) Les marchés occidentaux sont restés sur les nerfs mardi au début d’une réunion de la Réserve fédérale américaine, dans un environnement économique et géopolitique peu propice aux prises de risque.

Mis à jour le 25 janvier
Agence France-Presse

Wall Street a replongé mardi après son sursaut en fin de séance lundi : le Dow Jones a limité les pertes (-0,19 %) mais le NASDAQ a chuté de 2,28 % et le S&P 500 a conclu en repli de 1,22 %.

Mardi aussi, les indices européens ont rebondi faiblement, loin de combler leurs pertes de la veille : Paris a repris 0,77 %, Londres 1,02 %, Francfort 0,75 % et Milan 0,22 %.

La tension était palpable alors que le comité monétaire de la banque centrale américaine (Fed) a entamé mardi matin sa réunion, qui se terminera mercredi midi aux États-Unis.

La Réserve fédérale a ouvert la voie au redressement de ses taux directeurs dès le premier semestre de 2022, en réponse à l’inflation.

Les marchés attendent également impatiemment de savoir combien de hausses sont prévues pour les mois à venir et jusqu’où le comité monétaire envisage de faire grimper les taux.

« Mais il n’y a pas que la Fed, bien sûr », rappelle Craig Erlam, analyste d’Oanda.

Menace géopolitique, crise sanitaire, perspectives moins favorables en Chine et coûts pour les entreprises confrontées à l’inflation ainsi qu’aux problèmes d’approvisionnement : les risques pour les marchés s’additionnent en ce début d’année.

Ainsi, le FMI a revu à la baisse mardi ses prévisions pour la croissance mondiale à 4,4 %, contre 4,9 % auparavant.

Pour Peter Cardillo de Spartan Capital Securities, une des principales inquiétudes des investisseurs mardi était l’escalade des tensions politiques autour de l’Ukraine.

« Si de lourdes sanctions sont imposées à la Russie, cela pourrait avoir des conséquences sur le marché pétrolier et entraîner une hausse des prix du pétrole bien au-delà de ce que nous attendons », a expliqué M. Cardillo. « Ce serait négatif pour l’économie ».  

Dans le secteur technologique, Microsoft qui publiait ses résultats après la clôture baissait de 5,09 % à 273,84 dollars dans les échanges après bourse.

Résultats décevants pour General Electric

L’action du conglomérat américain General Electric (GE) a chuté de 5,98 % à 91,11 dollars à Wall Street après l’annonce d’un chiffre d’affaires et d’un bénéfice en dessous des attentes au quatrième trimestre 2021.

L’accueil a été également en demi-teinte pour 3 m (0,55 % à 173,75 dollars), mais Johnson and Johnson (+2,86 % à 167,63 dollars), et surtout American Express (+8,92 % à 173,11 dollars) ont réussi leur examen de passage.

Lockheed Martin a pris 3,71 % à 387,17 dollars après ses résultats meilleurs qu’attendu et en dépit du blocage du rachat d’Aerojet Rocketdyne par l’autorité américaine de la concurrence.

Les bancaires européennes au rebond, sauf Credit Suisse

Les banques européennes ont nettement rebondi, le secteur profitant de taux plus élevés.

En France, le trio bancaire a fini en haut du CAC, avec +3,26 % à 62,06 euros pour BNP Paribas, +2,97 % à 32,04 euros pour Société générale et +1,65 % à 13,07 euros pour Crédit Agricole. A Londres, Standard Chartered a bondi de 4,98 % à 512,20 pence et HSBC de 3,51 % à 509,40 pence.

Commerzbank (+4,27 % à 7,42 euros) et Deutsche Bank ont illustré la tendance en Allemagne.

À l’inverse, Credit Suisse, le numéro deux du secteur bancaire helvétique, a lancé mardi un avertissement sur ses résultats du quatrième trimestre et a perdu 0,94 % à 8,20 francs suisses.

Ericsson mieux qu’attendu

Le géant suédois de l’équipement télécoms Ericsson (+7,63 % à 108,02 couronnes suédoises) a annoncé mardi un bénéfice net en forte hausse en 2021, avec un quatrième trimestre nettement supérieur aux attentes.

Du côté du pétrole, de l’euro et du bitcoin

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse mardi, dopés par les tensions géopolitiques entre l’Ukraine et la Russie, après avoir perdu une partie de leurs gains la veille, plombés par l’aversion au risque.

Le prix du baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en mars a gagné 2,23 % pour finir à 88,20 dollars.

À New York, le baril de West Texas Intermediate (WTI) pour livraison le même mois a gagné 2,74 % pour clôturer à 85,60 dollars.

L’euro s’échangeait pour 1,1302 dollar (-0,21 %) vers 17 h.

Le bitcoin lâchait 0,54 % à 36 633 dollars.