(New York) La Bourse de New York a terminé en baisse mardi, le Dow Jones parvenant à limiter les pertes tandis que le NASDAQ a plongé, avant l’issue d’une réunion de la Fed et dans un contexte de tensions géopolitiques.

Mis à jour le 25 janvier
Agence France-Presse et La Presse Canadienne

Par contre, l’indice phare de la Bourse de Toronto a enregistré son premier gain en six jours, après avoir récupéré en après-midi les lourdes pertes affichées plus tôt dans la journée, ce qui n’était pas sans rappeler le déroulement de la séance de la veille.

Selon des résultats définitifs, l’indice Dow Jones, qui a lâché presque 2 % en première partie de séance, a regagné l’essentiel du terrain perdu peu avant la clôture pour terminer en repli de 0,19 %, à 34 297,73 points. Le NASDAQ, en chute de 3 % au pire de la journée, a conclu en perte de 2,28 %, à 13 539,30 points.

Le S&P 500 a fini en baisse de 1,22 %, à 4356,45 points.

Wall Street a joué un scénario en partie similaire à celui de la veille, avec des indices au plus bas en séance remontant à l’approche de la clôture, lorsque les bas prix des actions attirent de nouveau les investisseurs à la recherche de bonnes affaires.

Mais cette fois-ci, le NASDAQ, à dominante technologique, est demeuré nettement dans le rouge.

« La volatilité continue de s’emparer du marché et n’a guère diminué », a souligné Candice Bangsund, gestionnaire de portefeuille chez Fiera Capital.

La séance précédait les décisions des banques centrales sur les taux d’intérêt, mercredi, au Canada et aux États-Unis. Les investisseurs « envisageant la perspective d’une voie accélérée vers la normalisation des politiques qui a fait grimper les rendements obligataires et pesé sur les marchés boursiers », a écrit Mme Bangsund dans un courriel à La Presse Canadienne.

Le secteur torontois de la finance, un poids lourd du TSX, a progressé grâce aux gains des actions de la Banque de Montréal et de la Banque Laurentienne, qui ont respectivement pris 1,6 % et 1,5 %.

« Les investisseurs sont restés sur leurs gardes entre les tensions géopolitiques et l’annonce de la banque centrale américaine » attendue mercredi, ont indiqué les analystes de Wells Fargo.

La Réserve fédérale (Fed) a entamé mardi une réunion de politique monétaire et devrait publier un communiqué officiel mercredi en milieu de journée, avant une conférence de presse du président Jerome Powell à 14 h 30.

Si une hausse immédiate des taux d’intérêt sur les fonds fédéraux n’est pas à l’ordre du jour, l’institution monétaire devrait donner des indices sur le volume et la cadence du resserrement monétaire à venir.

Alors que jusqu’ici, la Fed avait laissé entendre qu’elle procéderait à trois hausses d’un quart de point de pourcentage (0,25 %) sur l’année, les marchés misent désormais majoritairement sur quatre relèvements.

En renchérissant le coût de l’argent, les hausses de taux apparaissent comme défavorables aux entreprises, à leurs futurs résultats et donc à leurs actions.

Tensions en Ukraine

Mais pour Peter Cardillo, de Spartan Capital Securities, la principale inquiétude des investisseurs mardi était l’escalade des tensions politiques autour de l’Ukraine.

« La plus grande crainte est la perspective d’une guerre imminente entre l’Ukraine et la Russie. C’est la raison pour laquelle nous avons cette volatilité », a affirmé l’analyste.

« Si de lourdes sanctions sont imposées à la Russie, cela pourrait avoir des conséquences sur le marché pétrolier et entraîner une hausse des prix du pétrole bien au-delà de ce que nous attendons, a expliqué M. Cardillo. Ce serait négatif pour l’économie. »

Les États-Unis se sont dits prêts, en cas d’attaque russe de l’Ukraine, à interdire l’exportation vers la Russie de technologie américaine.

Les cours du pétrole sont nettement repartis à la hausse mardi, soutenus par la crise ukrainienne. Le secteur énergétique était le seul secteur du S&P à terminer en hausse à Wall Street (+3,96 %) avec les bancaires (+0,47 %).

Les neuf autres secteurs étaient en recul, à commencer par ceux des technologies de l’information (-2,34 %) et des services de communication (-2,24 %), qui forment le cœur de l’indice NASDAQ.

Les rendements obligataires sur les bons du Trésor à 10 ans, qui évoluent à l’inverse du prix, sont restés stables à 1,77 %, mais ceux des bons à plus court terme (2 ans) se sont nettement tendus à 1,02 % contre 0,97 % la veille.

Le Fonds monétaire international (FMI) a jeté une ombre sur les perspectives de 2022 avec une croissance mondiale revue en baisse d’un demi-point de pourcentage, à 4,4 %. La croissance du produit intérieur brut (PIB) américain ne devrait pas dépasser 4,0 % cette année contre 5,2 % prévus il y a trois mois.

L’économiste en chef du FMI, Gita Gopinath, a averti que les hausses de taux des banques centrales risquaient de provoquer des corrections sur les marchés. « Il y a une énorme incertitude, a reconnu Mme Gopinath. Tout cela affecte les marchés et vient s’ajouter à d’autres évènements, comme les tensions géopolitiques que nous constatons dans le monde. »

À la Bourse des matières premières de New York, le cours du pétrole brut a grimpé de 2,29 $ US, à 85,60 $ US le baril, pendant que celui du gaz naturel a pris 1,9 cent US, à 3,89 $ US le million de BTU.

Le prix de l’or a grimpé de 10,80 $ US, à 1852,50 $ US l’once, et celui du cuivre s’est apprécié de 3,8 cents US, à 4,45 $ US la livre.

Sur le marché des devises, le dollar canadien s’est négocié au cours moyen de 79,18 cents US, en hausse par rapport à celui de 79,01 cents US de la veille.