(New York) Ébranlée par un bond des rendements obligataires, inquiète de la réaction de la Réserve fédérale (Fed) face à l’inflation, Wall Street a terminé en vif repli mardi.

Mis à jour le 18 janvier
Agence France-Presse et La Presse Canadienne

Selon des résultats définitifs à la clôture, l’indice Dow Jones a perdu 1,5 %, à 35 368,47 points, à la Bourse de New York.

Le NASDAQ, où se concentrent les valeurs technologiques très sensibles aux taux d’intérêt, a chuté de 2,6 %, à 14 506,90 points. Le S&P 500 a abandonné 1,8 %, à 4577,11 points.

La Bourse de Toronto a enregistré pour sa part une baisse de 1,2 %. L’indice composé S&P/TSX du parquet torontois a rendu 262,88 points pour terminer la séance avec 21 274,57 points. Les pertes les plus importantes ont été celles des secteurs des technologies de l’information, de l’industrie et de la santé.

Les taux obligataires sur les bons à 10 ans grimpaient au plus haut depuis plus de deux ans à 1,87 % contre 1,78 % la veille.

Wall Street était restée fermée lundi pour cause de jour férié.

Baisse d'appétit pour le risque

Les rendements obligataires plus élevés freinent l’appétit des investisseurs pour les actifs à risque, a expliqué Candice Bangsund, gestionnaire de portefeuille chez Fiera Capital.

« La forte hausse des rendements obligataires a été motivée par une spéculation accrue pour une voie plus dynamique vers la normalisation des politiques. Les investisseurs prévoient désormais quatre hausses de taux d’intérêt de la part de la Réserve fédérale, dès mars, et cela secoue évidemment à la fois les titres à revenu fixe et les marchés obligataires jusqu’à maintenant en 2022. »

La volatilité et la pression accrues sur les marchés boursiers sont largement attendues après une année 2021 très solide, a-t-elle poursuivi.

« Les marchés boursiers se négocient à des valorisations élevées. Et nous avions le sentiment que la volatilité resurgirait, en particulier compte tenu de la transition en cours d’une politique monétaire ultra stimulante vers quelque chose de moins favorable. »

Bien qu’assez généralisé, le désinvestissement a été mené par des entreprises technologiques, et les baisses de cette année ont été plus marquées aux États-Unis, a observé Mme Bangsund.

« Le marché canadien résiste un peu mieux et, depuis le début de l’année, il fait beaucoup mieux que ses homologues américains, étant donné sa forte concentration dans le secteur de l’énergie, qui se porte extrêmement bien. »

« Le marché essaie d’y voir plus clair sur la façon dont la banque centrale (Fed) va s’y prendre pour gérer l’inflation », a commenté Adam Sarhan, de 50 Park Investments.

« La Fed est le dos au mur, et le marché est soucieux. Comment va-t-elle faire si l’inflation persiste, comment équilibrer les risques pour relever les taux sans ralentir la croissance ? », s’est interrogé l’analyste.

Les investisseurs étaient de nouveau saisis par la crainte des tours de vis de la Fed, à une semaine de la réunion du Comité monétaire de la puissante banque centrale, « alors qu’il y a de nouveaux commentaires sur le marché qui évoquent la possibilité d’une hausse de 50 points de base dès mars », signalait Patrick O’Hare, de Briefing.com.

La chute de Wall Street a été entraînée par celle des actions du secteur technologique notamment.

Tous les grands noms de la tech ont perdu du terrain, de Facebook (Meta, - 3,0 %) à Google (Alphabet, - 2,5 %) en passant par Amazon (- 2,0 %) et Apple (- 1,9 %).

« Le secteur de la technologie, qui contient de nombreuses entreprises évaluées principalement sur la promesse de leurs futurs bénéfices, est sous pression en raison de la flambée des rendements du Trésor », a expliqué Art Hogan, de National Securities.

« Plus les rendements augmentent, plus les futurs revenus de ces groupes perdent de la valeur », ajoute l’analyste.

Le secteur bancaire a également été à la peine, alors que les résultats d’entreprises vont focaliser l’attention des investisseurs à partir de cette semaine. 

Goldman Sachs, membre du Dow Jones, a déçu et été fortement sanctionnée (6,9 %, à 354,40 $ US).

Même si la banque d’affaires américaine a connu en 2021 un chiffre d’affaires et des bénéfices records, ses résultats n’ont pas été à la hauteur des attentes au 4e trimestre.

Morgan Stanley, dont les résultats sont attendus mercredi, a plongé de 4,8 %, à 94,15 $ US.

Du côté des technologies, l’action de Shopify a perdu 4,9 %, tandis que celle de Constellation Software a rendu 3,1 % et celle de Lightspeed Commerce, 8,1 %.

Le prix de l’or a retraité de 4,10 $ US, à 1812,40 $ US l’once à New York, et celui du cuivre a lâché 4 cents US, à 4,38 $ US la livre.

Sur le marché des devises, le dollar canadien s’est négocié au cours moyen de 79,81 cents US, en baisse par rapport à celui de 79,87 cents US la veille.