(New York) Wall Street s’est repliée tandis que les marchés mondiaux sont restés circonspects jeudi, après la publication de nouvelles données économiques américaines sur l’inflation et le marché de l’emploi.

Mis à jour le 13 janvier
Agence France-Presse

À la Bourse de New York, l’indice Dow Jones a lâché 0,49 %. Le NASDAQ, où se concentrent les valeurs technologiques, a reculé de 2,51 % et le S&P 500 de 1,42 %.

En Europe, les indices n’ont pas accroché de tendance claire durant la séance. Francfort a pris 0,13 %, Londres 0,16 % et Milan 0,47 %. En revanche, Paris a perdu du terrain (-0,50 %), lestée par le secteur du luxe.

Les prix à la production aux États-Unis ont augmenté moins vite en décembre qu’au cours des mois précédents, à +0,2 %, selon l’indice PPI publié jeudi.  

Cela représente une petite éclaircie au milieu d’une inflation au plus haut depuis 40 ans en 2021, et qui devrait rester forte pendant plusieurs mois. Sur un an toutefois, la flambée des prix de gros atteint 9,7 %.

L’indice général des prix à la consommation (CPI) a augmenté de 7 % en décembre sur un an, certes un plus haut depuis 1982, mais un chiffre déjà pris en compte par le marché.

Michael Hewson, analyste de CMC Markets UK, voit dans ces chiffres des signes « que nous pourrions être proches d’un pic à court terme de cette poussée inflationniste actuelle ».

« On continue de penser que l’inflation est causée par des goulets d’étranglement, qui devraient se desserrer. Il y a quelques signes positifs dans ce sens », explique Frédéric Rollin, conseiller d’investissement pour Pictet AM, citant une amélioration des délais de livraison des entreprises américaines.

Pour endiguer cette inflation persistante, la Réserve fédérale américaine (Fed) prévoit de réduire son soutien monétaire plus rapidement que prévu et la plupart des membres de l’institution évoquent le mois de mars pour un premier relèvement des taux directeurs.

Pour l’heure, le taux obligataire américain à 10 ans se repliait à 1,69 %.

Les investisseurs seront, de plus, bientôt accaparés par les résultats du quatrième trimestre, dont la publication débute vendredi.

L’aérien reprend de l’élan

Les valeurs du transport aérien de voyageurs reprenaient des couleurs.  

À Londres, IAG (British Airways, Iberia) a pris 2,72 % et EasyJet 2,25 %, Lufthansa a gagné 2,35 % à Francfort.  

Le ministre français délégué chargé du Tourisme et des PME a annoncé que les personnes vaccinées contre la COVID-19 seront autorisées dès vendredi à venir du Royaume-Uni en France sans avoir à justifier de motif impérieux.

Aux États-Unis, Delta Air Lines (+2,17 % à 41,29 dollars) s’est montrée optimiste dans ses prévisions de trafic pour l’ensemble de l’année, même si la compagnie a prévenu que le variant Omicron allait probablement repousser la reprise du trafic aérien de deux mois et provoquer une perte au premier trimestre.  

Dans son sillage, United Airlines a pris 3,50 %, American Airlines +4,54 % et Boeing 2,91 %.

Les supermarchés britanniques souffrent

Marks and Spencer a dévissé de 7,91 % à 233 pence. La chaîne de supermarchés britannique a publié des ventes en forte hausse pour la période de Noël, mais n’a pas beaucoup relevé ses prévisions, décevant le marché. Dans le même secteur, Tesco a fini en baisse de 0,87 % à 289,70 pence.  

Du côté de l’habillement, JD Sports Fashion a perdu 6,41 % à 197,95 pence après avoir annoncé que son patron Peter Cowgill avait vendu 10 millions de titres de la société, soit plus de la moitié de ce qu’il détenait.

Ford vaut 100 milliards de dollars

Ford a connu une belle journée, grimpant de plus de 5 % en séance avant de terminer en hausse de 2,25 % à 25,02 dollars.

Le constructeur automobile américain, qui mise gros sur l’électrique à l’avenir, a dépassé pour la première fois les 100 milliards de dollars de capitalisation boursière, passant devant son rival General Motors. Il reste toutefois loin derrière Tesla, dont la valeur en Bourse dépasse les 1000 milliards de dollars.

Le dollar en baisse, le pétrole se stabilise 

L’euro (+0,28 % à 1,1463 dollar vers 15 h 15) est monté jeudi à 1,1481 dollar pour un euro plus tôt dans la séance, un sommet depuis mi-novembre. Le dollar a perdu plus de 1,40 % de sa valeur en cinq jours.

Du côté du pétrole, le prix du baril de Brent de la mer du Nord pour échéance en mars a reculé de 0,23 % à 84,47 dollars.

À New York, le baril de West Texas Intermediate (WTI) pour livraison en février a lâché 0,62 % à 82,12 dollars.

Le bitcoin perdait 2,40 % à 42 741 dollars.