(New York) Les cours du pétrole ont enregistré un léger repli jeudi, toujours proches des records de la pandémie, dans l’attente d’un indicateur sur les importations chinoises d’or noir.

Mis à jour le 13 janvier
Agence France-Presse

Le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en mars, principal contrat échangé à Londres, a terminé en petite baisse de 0,23 %, à 84,47 dollars.

À New York, le baril de West Texas Intermediate (WTI) pour livraison en février a, lui, clôturé en recul de 0,62 %, à 82,12 dollars.

Brent et WTI restaient proches des niveaux atteints fin octobre, soit 86,70 dollars pour le premier et 85,41 pour le second, des sommets depuis le début de la pandémie de coronavirus.

« Le marché américain est en position d’attente, après la chute des réserves de brut à leur plus bas niveau depuis trois ans, mais la hausse plus forte qu’attendue des stocks d’essence », a commenté, dans une note, Louise Dickson, analyste du cabinet Rystad Energy.

Pour Robert Yawger, responsable des contrats à terme sur l’énergie chez Mizuho Securities, « il y a, à l’œuvre, une tendance à ne pas prendre de positions longues (à l’achat) d’ici à ce soir ».

Cette prudence est liée, selon lui, à la perspective de la publication, vendredi en Chine, des chiffres d’importations chinoises pour le mois de décembre.

« Il est difficile de croire que ce chiffre va être bon sachant qu’ils ont confiné le pays et ont freiné sur les importations pour ralentir l’inflation », a prévenu Robert Yawger.

Plusieurs villes chinoises, touchées par des foyers de COVID-19, ont fait l’objet de mesures de confinement décrétées, ces derniers jours, par les autorités, notamment Xi’an (13 millions d’habitants), Tianjin (14) ou Zhengzhou (13).

« Certains spéculateurs sont sortis du marché avant ce chiffre », a détaillé Robert Yawger.

Pour autant, « les fondamentaux du marché demeurent haussiers pour le pétrole », a souligné, dans une note, Edward Moya, analyste d’Oanda.

Signe que le marché reste très tendu, le contrat à terme américain pour le fioul domestique a atteint jeudi, sur le marché ICE, son plus haut niveau depuis 7 ans et demi, à 2,6203 dollars le gallon (3,78 litres).

Un pic attribuable à la vague de froid qui frappe le nord et l’est des États-Unis depuis plusieurs jours, après une fin d’automne et un début d’hiver cléments.

Autre facteur majeur, « le fioul a été l’un des composants du secteur du pétrole les moins bien lotis depuis octobre », relève Robert Yawger. « Donc les opérateurs spéculatifs ont vu qu’ils pourraient là en avoir davantage pour leur argent » et se sont mis à acheter massivement ce produit distillé.

Ce courant « arrive à son terme », estime l’analyste, qui voit certains de ces acteurs se reporter sur l’essence.