(New York, Toronto) La Bourse de New York a conclu en légère baisse jeudi une séance volatile au lendemain d’un compte-rendu de la Fed, plus ferme sur l’inflation, qui a fait grimper les taux et décrocher les valeurs de la tech la veille.

Mis à jour le 6 janvier
Agence France-Presse
La Presse Canadienne

Selon des résultats définitifs à Wall Street, l’indice Dow Jones a lâché 0,47 % à 36 236,34 points. Le NASDAQ, à forte coloration technologique, n’a cédé que 0,13 % à 15 080,87 points, après un plongeon de 3,34 % la veille.

Le S&P 500 a abandonné 0,10 % à 4696,06 points.

Les taux sur les bons du Trésor américains à 10 ans ont grimpé jusqu’à 1,75 %, un plus haut depuis le début de la pandémie, pour s’établir vers 16 h à 1,72 % contre 1,70 % la veille.

La Bourse de Toronto a clôturé en hausse jeudi, soutenue par la hausse du cours du pétrole et du secteur de l’énergie, pendant que le prix de l’or perdait une partie de son éclat.

L’indice composé S&P/TSX du parquet torontois a gagné 32,54 points pour terminer la séance avec 21 072,20 points.

Sur le marché des devises, le dollar canadien s’est négocié au cours moyen de 78,49 cents US, en baisse par rapport à celui de 78,63 cents US de la veille.

À la Bourse des matières premières de New York, le cours du pétrole brut a pris 1,61 $ US à 79,46 $ US le baril, tandis que celui du gaz naturel s’est déprécié de 7 cents US à 3,81 $ US le million de BTU.

Le prix de l’or a plongé de 35,90 $ US à 1789,20 $ US l’once et celui du cuivre a perdu 5,9 cents US à 4,35 $ US la livre.

La fin de l’argent facile

« Les investisseurs ont réajusté leurs portefeuilles face à une nouvelle ère de l’argent “pas facile” alors qu’on sort d’une ère de l’argent facile », a résumé Peter Cardillo, de Spartan Capital Securities pour expliquer l’humeur des investisseurs.

La publication des minutes de la dernière réunion du comité de politique monétaire de la Fed avait sévèrement plombé le marché mercredi.

Ses membres ont indiqué, dans un langage sans équivoque, qu’ils envisageaient désormais de relever plus tôt et plus souvent que prévu le taux directeur de l’institution.

En outre, il est désormais question d’entamer la réduction du bilan de la Fed dès après la première hausse de taux. Cela signifie que la Fed va diminuer le stock de titres qu’elle conserve à son bilan, ce qui pourrait être vu comme un autre tour de vis monétaire par les marchés.

Pour Gregori Volokhine de Meeschaert Financial Services, « la hausse des taux était déjà largement intégrée par les marchés ».

Un resserrement monétaire de plus

« Ce qui ne l’était pas encore dans l’esprit des investisseurs, c’est la réduction du bilan de la Fed, or cela correspond à un petit resserrement monétaire de plus », a-t-il indiqué.

La rotation des choix des investisseurs en défaveur des valeurs technologiques s’est calmée jeudi, mais certains grands noms ont continué de souffrir comme Tesla (-2,15 % à 1064,70 dollars), Netflix (-2,51 %) ou Apple (-1,67 %).

« Alors que le réflexe face au resserrement monétaire est de vendre la technologie, il y a aussi le réflexe qui perdure de racheter assez rapidement les baisses du marché », a souligné Gregori Volokhine. « C’est un peu rassurant », a ajouté l’analyste.

Facebook (Meta) a pris 2,56 % et Alphabet s’est stabilisé (-0,07 %).

Chômage et pénurie de main-d’œuvre

Sur le plan des données économiques jeudi, les inscriptions hebdomadaires au chômage sont reparties à la hausse aux États-Unis au cours de la dernière semaine de 2021 (207 000 demandes), mais restent faibles alors que les employeurs font face à une pénurie de main-d’œuvre.

Témoin d’une forte demande de l’économie américaine, le déficit commercial des États-Unis s’est creusé bien plus que prévu en novembre sous l’effet d’importations de biens records, a indiqué le département du Commerce.

Le déficit des échanges de biens et services avec le reste du monde s’est élevé à 80,2 milliards de dollars, soit une hausse de 19,4 % par rapport au mois précédent.

Une petite moitié des secteurs du S&P 500 sont restés en territoire positif comme l’énergie (+2,29 %) dans le sillage d’un bond des prix du brut.

Les banques en hausse

Les valeurs bancaires ont aussi profité des perspectives de hausses de taux, plus rémunératrices pour les institutions financières (+1,55 %).

Les secteurs des matériaux (-1,24 %), de la santé (-1,21 %) et des technologies de l’information (-0,48 %) sont restés dans le rouge.

Alors que commence à poindre la saison des résultats, la chaîne de pharmacies et drugstores Walgreens a lâché 2,89 % à 52,44 dollars malgré des bénéfices et chiffres d’affaires supérieurs aux prévisions.

Le titre de la start-up américaine Beyond Meat, qui fabrique des steaks et saucisses d’origine végétale, s’est envolé de 14,65 % à 6706 dollars en réaction à son annonce d’une nouveauté au menu, le « Beyond poulet frit » le 10 janvier. L’action avait fortement baissé ces derniers jours.

Les vélos d’appartements intelligents Peloton ont rebondi de 5,06 % après une chute du même ordre la veille à la suite d’une note défavorable de JP Morgan.

L’application de courtage en ligne Robinhood a encore fondu de 2,50 % à 15,58 dollars, moitié moins cher que son prix d’introduction en bourse l’été dernier. Une autre application de gestion de comptes, Acorns Grow va développer un accès aux investissements, ce qui ferait concurrence à Robinhood.