(New York) Les cours du pétrole ont poursuivi leur escalade jeudi et signé leur quatrième séance consécutive de hausse, la crise sociale au Kazakhstan, membre de l’OPEP+, faisant office d’étincelle sur un marché hautement inflammable.

Mis à jour le 6 janvier
Agence France-Presse

Le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en mars, le contrat le plus échangé à Londres, a gagné 1,47 % à 81,99 dollars.

À New York, le baril de West Texas Intermediate (WTI), pour livraison en février, a pris 2,06 % et terminé à 79,46 dollars. En séance, le prix de référence du brut américain avait dépassé 80 dollars pour la première fois depuis un mois et demi (17 novembre).

« Ce bond reflète la crainte du marché vis-à-vis de l’escalade au Kazakhstan et de la détérioration de la situation politique en Libye », a décrypté, dans une note, Louise Dickson, du cabinet Rystad Energy.

Au Kazakhstan, des heurts ont eu lieu mercredi et jeudi entre forces de l’ordre et manifestants, qui protestent contre la hausse des prix du gaz, faisant des dizaines de morts à Almaty, la capitale économique.

Si le pays est un important producteur, avec quelque 1,8 million de barils par jour en 2020 selon l’Agence américaine d’information sur l’énergie (EIA), l’exploitation pétrolière n’a pas été affectée par les troubles pour l’instant.

« Avec ce courant haussier, il suffit d’une nouvelle, comme celle sur le Kazakhstan, pour encourager ceux qui jouent la hausse et faire paniquer ceux qui parient à la baisse », a commenté Stephen Schork analyste et auteur du Schork Report. « C’est comme si les prix élevés suffisaient, à eux seuls, à générer des prix encore plus élevés. »

Sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), les plus importants volumes d’options d’achat (instrument financier qui permet d’acheter à un prix donné) se situent à 80, 85 et 90 dollars pour le WTI, ce qui témoigne de la foi des opérateurs en une poursuite de la hausse.

La crise au Kazakhstan vient faire planer une menace supplémentaire sur un marché déjà préoccupé par l’insuffisance de l’offre.

Avec une partie de ses installations fermées de force et un oléoduc endommagé, la Libye est notamment privée de quelque 500 000 barils par jour, alors que la production des pays parties à l’accord OPEP+ n’assurait déjà pas le volume prévu.

La neutralisation de quatre champs pétroliers libyens par des hommes affiliés aux gardes installations pétrolières (GIP) devait durer jusqu’à l’élection présidentielle, prévue initialement le 24 décembre, mais celle-ci a été reportée et ne se tiendra pas avant fin janvier, au mieux.

Pour Stephen Schork, le prochain seuil majeur de prix se situe aux records établis à l’automne dernier, soit 86,70 dollars pour le Brent et 85,41 dollars pour le WTI.