(New York) Les marchés financiers ont évolué sur la défensive mardi, accusant le coup de la publication d’un indicateur d’inflation record aux États-Unis à la veille d’une décision de la Réserve fédérale, toujours sur fonds d’incertitudes sanitaires.

Mis à jour le 14 déc. 2021
Agence France-Presse

Après une ouverture en hausse, l’Euro Stoxx 600 a perdu 0,92 %. Paris (-0,69 %) et Francfort (-1,08 %) ont nettement reculé, tandis que Londres (-0,18 %) et Milan (+0,17 %) ont mieux résisté, soutenus par les valeurs liées aux matières premières et à la banque.

Le Dow Jones a terminé en baisse de 0,30 %, l’indice NASDAQ, à forte composition technologique, de 1,14 %, et l’indice élargi S&P 500, de 0,75 %.

En Asie, les places financières ont fini dans le rouge, en Chine comme à Tokyo (-0,73 %).  

Tout comme Wall Street, les marchés européens ont mal réagi à la publication de l’indicateur mensuel des prix à la production aux États-Unis, qui s’est révélé supérieur aux attentes des analystes, avec une hausse de 9,6 % sur un an.

La prudence est de mise parmi les investisseurs, qui attendent l’issue des réunions de la Fed, de la BCE ou encore de la Banque d’Angleterre mercredi et jeudi.

Face à l’inflation, qui a atteint des niveaux jamais vus depuis des décennies aux États-Unis et en Europe, les institutions monétaires sont amenées à réviser leurs politiques de soutien.

La reprise économique bien engagée a permis à la Réserve fédérale américaine de commencer à diminuer le rythme de ses rachats d’actifs. Les analystes s’attendent mercredi à ce que la banque centrale annonce un ralentissement plus prononcé.

« On est dans une semaine assez cruciale sur les banques centrales », a souligné Vincent Manuel, directeur des investissements au sein d’Indosuez Wealth Management, « et tout cela se fait dans un contexte où la volatilité remonte » avec le renforcement de mesures de restrictions sanitaires dans de nombreux pays face à l’inconnue du variant Omicron de la COVID-19.

Si les premières données faisant état d’une dangerosité moindre ont rassuré les marchés la semaine passée, la propagation accrue inquiète les investisseurs.   

De plus, il semble parvenir à contourner les défenses des vaccins : celui du laboratoire américain Pfizer est globalement moins efficace, mais protège à 70 % contre les cas sévères, selon une étude réalisée en Afrique du Sud.

« La question cette semaine c’est de savoir si les banques centrales perçoivent l’inflation ou Omicron comme le plus grand risque », résume Craig Erlam, analyste d’Oanda.

BT ne répond pas

L’opérateur historique britannique BT a cédé 4,29 % à 167,35 pence. Le milliardaire Patrick Drahi a annoncé augmenter sa participation de 12,1 % à 18 % dans l’opérateur, dont il était déjà le premier actionnaire, mais a toutefois confirmé son intention de ne pas lancer d’offre publique d’achat.

Rentokil rachète un rival

Le géant britannique Rentokil Initial (-12,3 % à 547,60 pence), spécialisé notamment dans les services de lutte contre les nuisibles et l’hygiène, va racheter son rival américain Terminix pour 6,7 milliards de dollars.

Les tech en berne, les bancaires profitent

Dans un contexte de hausse des taux obligataires, les valeurs bancaires ont été recherchées, à l’image de Société Générale (+0,99 % à 28,93 euros) et Crédit Agricole (+0,87 % à 12,23 euros) à Paris, ou HSBC (+0,79 % à 434,70 pence) à Londres.

À l’inverse, les valeurs technologiques ont reculé, pesant notamment sur l’indice Dax à Francfort : Infineon a cédé 3,27 % à 38,70 euros et le géant des logiciels SAP 2,07 % à 119,96 euros.

Les minières rebondissent

Les valeurs minières ont permis aux indices européens de ne pas creuser leurs pertes. À Paris, ArcelorMittal a bondi de 8,05 % à 27,72 euros après l’annonce d’un rachat de dette subordonnée. À Londres, BHP a pris 1,98 % à 2168,00 pence, Anglo-American 1,03 % à 2898,00 pence.  

Du côté du pétrole, de l’euro et du bitcoin

Les cours du pétrole ont terminé en baisse mardi après la publication de nouvelles estimations par l’Agence internationale de l’énergie (AIE), qui table sur une moindre demande du fait de la propagation du variant Omicron du coronavirus.

Le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en février, le plus échangé à Londres, a clôturé en baisse de 0,92 % à 73,70 dollars.

À New York, le baril de West Texas Intermediate (WTI) avec échéance en janvier a lui fini à 70,73 dollars, soit 0,78 % de moins que la veille.

L’euro lâchait 0,24 % face au billet vert à 1,1256 dollars.

Le bitcoin gagnait 3,36 % à 48 406 euros.