(New York) Les marchés mondiaux se sont montrés prudents jeudi face à l’incertitude entourant l’évolution de la situation sanitaire et de la politique monétaire de la Réserve fédérale américaine (Fed), Wall Street prenant une pause après trois séances dans le vert.

Mis à jour le 9 déc. 2021
Agence France-Presse

En Europe, Paris (-0,09 %), Londres (-0,22 %) et Francfort (-0,30 %) ont terminé en petite baisse.

De son côté, Wall Street reprenait son souffle. Le Dow Jones a terminé à l’équilibre, tandis que l’indice NASDAQ, au fort parfum technologique, a lâché 1,71 %, et l’indice élargi S&P 500, 0,72 %.

« Les investisseurs sont de nouveau d’humeur prudente, après un fort rebond des marchés boursiers en début de semaine à la suite d’informations indiquant que les symptômes du variant Omicron sont moins graves que redoutés », observe Craig Erlam, analyste d’Oanda.

Mais « ce que nous voyons du variant est déjà suffisant pour que les gouvernements imposent de nouvelles restrictions », ce qui « n’augure rien de bon pour l’économie » et « soulève de nombreuses questions sur ce que les mois à venir nous réservent », souligne l’expert.

Outre la propagation d’Omicron, les investisseurs restent très préoccupés par l’inflation, revenue en force dans de nombreux pays.

Ils s’interrogent notamment sur la situation aux États-Unis et s’inquiètent d’une possible accélération du resserrement monétaire de la Banque centrale américaine (Fed), qui semble ne pas tenir compte pour l’instant, d’un éventuel effet Omicron.

Le marché scrutera à la loupe vendredi l’indice CPO des prix à la consommation pour novembre, attendu au plus haut depuis quasiment 40 ans, à la recherche d’indices sur l’avenir de la politique monétaire de la Fed, en attendant sa prochaine réunion, prévue les 14 et 15 décembre.

« Les statistiques de vendredi sont importantes, mais c’est surtout la décision de la Fed qui permettra d’y voir plus clair » sur la tendance qu’adopteront les marchés, commente auprès de l’AFP Guillaume Garabedian, responsable de la gestion conseillée chez Meeschaert Gestion Privée.

« En Chine, la menace inflationniste reste croissante », estime également Thierry Claudé, gérant de portefeuille chez Kiplink Finance.

Autre sujet d’incertitude en Asie : deux promoteurs chinois, dont le géant Evergrande, ont fait défaut sur des emprunts totalisant 1,6 milliard de dollars, selon l’agence de notation Fitch.

Les investisseurs attendent de voir comment la Chine va gérer la situation, sachant que l’immobilier et la construction pèsent plus du quart de son Produit intérieur brut.

La nouvelle feuille de route d’Unicredit plébiscitée

La deuxième banque italienne (+10,82 % à 12,80 euros à Milan) vise une hausse de son bénéfice net de 10 % par an pour atteindre plus de 4,5 milliards d’euros en 2024 dans le cadre de son nouveau plan stratégique.

La restructuration avance chez Rolls-Royce

La restructuration du fabricant de moteurs britannique progresse « plus rapidement que prévu », mais la reprise inégale de l’aviation civile et les nouvelles restrictions liées à Omicron ont fait chuter l’action (-3,37 % à 124 pence) à Londres.

L’aérien à la traîne

American Airlines a reculé de 0,49 % à 18,14 dollars, après avoir annoncé qu’elle réduirait le nombre de ses trajets internationaux à l’été 2022 en raison de retards dans les livraisons du long-courrier de Boeing (-1,64 % à 207,56 dollars).  

En Europe, Air France-KLM (-2,14 % à 3,93 euros), Lufthansa (-1,95 % à 6,08 euros) et IAG (-3,32 % à 138 pence) ont toutes terminé dans le rouge.

Du côté du pétrole, de l’euro et du bitcoin

Les prix du pétrole sont redescendus de leur plus haut en deux semaines jeudi, déprimés par les nouvelles mesures sanitaires prises à travers le monde contre la COVID-19, qui font craindre pour la demande d’or noir.

Le prix du baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en février a cédé 1,84 % à 74,42 dollars.

À New York, le baril de West Texas Intermediate (WTI) pour le mois de janvier a reculé de 1,96 % à 70,94 dollars.

L’euro perdait 0,44 % face au billet vert à 1,1292 dollar.

Le bitcoin retombait sous les 50 000 dollars, perdant 4,84 % à 48 138 dollars.