(New York) Les cours du pétrole ont enregistré mardi une seconde séance de forte hausse qui a de nouveau installé Brent et WTI au-delà de 70 dollars le baril, dans un marché qui ne croit plus à un effet significatif du variant Omicron sur l’économie mondiale.

Mis à jour le 7 déc. 2021
Agence France-Presse

Le prix du baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en février, coté à Londres, a bondi de 3,22 %, pour finir à 75,44 dollars.

À New York, le baril de West Texas Intermediate (WTI) pour le mois de janvier, contrat le plus échangé, a gagné 3,68 % à 72,05 dollars.

Le WTI a progressé de plus de 5 % en séance, avant de ralentir légèrement en clôture.

« D’après ce qu’on entend, le variant [Omicron] n’est pas aussi menaçant que d’autres variants […], donc on ne s’attend pas à des confinements massifs », qui auraient pénalisé la demande de pétrole à court terme, a résumé James Williams, du cabinet WTRG Economics.

Il est « quasiment certain » que le variant Omicron n’est pas plus grave que Delta, a ainsi déclaré mardi le conseiller de la Maison-Blanche sur la crise sanitaire, Anthony Fauci.

L’élan du brut a néanmoins été un peu coupé par des prises de bénéfices, mais aussi par la publication de nouvelles estimations de l’Agence américaine d’information sur l’énergie (EIA), qui table désormais sur un baril de Brent autour de 70,05 dollars en moyenne en 2022, contre 71,91 dans son rapport précédent, début novembre.

Quant au WTI, l’agence voit le baril désormais à 66,42 dollars contre 68,28 précédemment.

Pour l’EIA, en 2022, « la croissance de la production de l’OPEP, des États-Unis et de pays non membres de l’OPEP dépassera la demande, qui ralentit, en particulier à la lumière de l’inquiétude accrue quant aux variants de la COVID-19 ».

L’organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) et ses alliés de l’accord OPEP+ se sont pour l’instant tenus à leur calendrier de relèvement mensuel de la production de 400 000 barils par jour.

À court terme, de nombreux opérateurs s’attendent néanmoins à un nouveau coup de chaud. Avant la séquence qui a vu les États-Unis puiser dans ses réserves stratégiques, l’apparition d’Omicron et l’OPEP+ relever sa production pour janvier, « beaucoup pensaient à 100 dollars » le baril, rappelle James Williams. « Je pense qu’il n’en est plus question. Mais nous pourrions aller au-delà de 80 dollars » d’ici à la fin de l’année, avance l’analyste.

« Le marché est mûr pour monter encore car les niveaux de production sont faibles du fait du manque d’investissements dans de nouveaux puits », a abondé, dans une note, Edward Moya, d’Oanda. « Le président [américain Joe Biden] a peut-être célébré un peu vite la petite baisse du prix de l’essence », poursuit-il, évoquant, lui aussi, un baril à 80 dollars « si le froid revient » dans l’hémisphère Nord.