(New York) Les marchés nord-américains ont nettement rebondi, lundi, et le Dow Jones a effacé les pertes de la semaine précédente, rassuré par les espoirs que le variant Omicron soit moins virulent qu’on le redoutait initialement.

Mis à jour le 6 déc. 2021
Agence France-Presse et La Presse Canadienne

Les taux obligataires sur les bons du Trésor se sont tendus, l’inflation des États-Unis et la politique de la Fed étant en ligne de mire.

Selon des résultats définitifs à la clôture, l’indice Dow Jones a gagné 1,9 %, à 35 227,03 points. Le NASDAQ a regagné un tiers du terrain perdu la semaine d’avant, prenant 0,93 %, à 15 225 points. L’indice élargi S&P 500 a grimpé de 1,2 %, à 4591,67 points. L’indice composé S&P/TSX a clôturé en hausse de 227,8 points, à 20 861,10 points.

« Les données préliminaires sur le nouveau variant suggèrent qu’Omicron semble provoquer des infections relativement bénignes », ce qui a redonné du moral aux investisseurs, se félicitaient les analystes de Wells Fargo.

Dimanche, Anthony Fauci, conseiller médical en chef du président américain Joe Biden, a lui-même indiqué : « Jusqu’à présent, il ne semble pas que cela soit très grave. »

Par ailleurs, le maire de New York, Bill de Blasio, est passé à l’offensive contre le virus, annonçant que tous les commerces et entreprises privées de la ville imposeront à leurs salariés d’être vaccinés pour venir travailler à compter du 27 décembre.

Sur une population de 8,5 millions d’habitants, 6,5 millions de New-Yorkais ont reçu au moins une dose de vaccin, selon les données de la mairie.

Le calendrier des indicateurs était maigre en début de semaine, mais le marché se positionnait déjà pour la publication vendredi de l’inflation américaine pour novembre (CPI), un chiffre très attendu.

Les analystes estiment que l’indice des prix à la consommation va culminer à 6,7 % sur un an contre, + 6,2 % le mois d’avant. Sur un mois, ils prévoient + 0,7 %, contre + 0,9 % en octobre.

Ces attentes s’ajoutaient au fait que la Fed doit se réunir la semaine prochaine et qu’elle pourrait « réduire son soutien monétaire plus rapidement et ouvrir la voie à une hausse des taux plus tôt », a souligné Joe Manimbo, spécialiste du marché des changes pour Western Union.

En conséquence, les rendements sur les bons du Trésor à 10 ans se tendaient nettement à 1,43 %, contre 1,3 % vendredi, tandis que le billet vert est remonté par rapport à l’euro.

Pour Peter Cardillo, de Spartan Capital Securities, « le marché commence à se focaliser sur deux facteurs ».

« D’une part, l’activité va survivre malgré le nouveau variant. D’autre part, la Fed change de politique » en se montrant plus belliciste face à l’inflation, a expliqué l’analyste à l’AFP.

« Ce n’est pas nécessairement négatif pour le marché, car la Fed commence à se rendre compte que l’inflation est sérieuse et qu’il faut s’y attaquer », a-t-il ajouté.

Tous les secteurs du S&P 500 se sont ancrés dans le vert, tirés par les titres industriels (+ 1,6 %), mais aussi ceux du secteur énergétique (+ 1,5 %) alors que les prix du brut ont terminé en forte hausse.

Les actions de l’économie traditionnelle ont eu un vif regain de vigueur, comme les compagnies aériennes (Delta à + 6 %, American Airlines à + 7,9 %) ou les croisiéristes (Royal Caribbean à + 8,3 %, Carnival à + 8 %).

Moderna, fabricant de vaccins, a lâché 13,5 % alors que l’un de ses responsables, dimanche, a laissé entendre que l’efficacité des vaccins pourrait être diminuée face au variant Omicron. Pfizer (- 5,1 %) et son partenaire allemand BioNtech (- 18,7 %) ont aussi lâché du lest.

Les titres de GCP Applied Technologies ont bondi de 17,1 %, à 31,64 $ US, pour se rapprocher de l’offre de Saint Gobain à 32 $ US le titre. Le groupe français a conclu un accord de rachat du spécialiste américain de la chimie de la construction pour 2,3 milliards de dollars (2 milliards d’euros).

Le site américain d’information BuzzFeed, connu pour ses contenus à caractère viral mais aussi pour ses enquêtes au long cours, a fait une entrée discrète à Wall Street.

Sa fusion avec une Spac n’a d’une part pas apporté tout l’argent espéré, les investisseurs, comme ils en ont le droit, ayant en effet récupéré la majeure partie des 288 millions de dollars qui avaient été levés. Le groupe devrait récupérer 16 millions de dollars d’argent frais seulement. Le titre BZFD, introduit sous les 10 $, a terminé en baisse de 11 %, à 8,56 $ US.

Le dollar canadien s’échangeait à 78,25 cents US, par rapport à 78,05 cents US vendredi.

Au Canada

Les 11 principaux secteurs du TSX étaient en hausse, 9 ayant augmenté d’au moins 1 %. La consommation discrétionnaire a augmenté de 2,2 %, tandis que les soins de santé ont augmenté de 1,9 %.

Les matériaux ont augmenté de 1,1 % en raison des prix élevés du cuivre.

Cependant, le prix de l’or a chuté avec l’augmentation du rendement des obligations à 10 ans, et les prochaines réunions de la banque centrale définiront probablement des plans de hausse des taux d’intérêt en 2022.

Le prix de l’or était en baisse de 4,40 $ US, à 1779,50 $ US l’once, et celui du cuivre était en hausse de 7,1 cents, à près de 4,34 $ US la livre.

La Banque du Canada devrait annoncer mercredi qu’elle prévoit que les taux commenceront à augmenter au premier trimestre en raison de l’amélioration du marché du travail et de l’inflation dépassant les 3 % pendant sept mois. Ce serait plus tôt qu’elle ne l’avait signalé auparavant.

Aux États-Unis, la Réserve fédérale pourrait doubler le rythme de la réduction des obligations et augmenter les taux d’intérêt jusqu’à la mi-2022.

La technologie était l’un des secteurs les plus faibles aux États-Unis. Il a gagné 1,5 % au Canada, les actions de Dye & Durham grimpant de 9,3 % alors que la société annonçait un accord pour acheter l’entreprise TELUS Solutions en finance pour 500 millions.