(New York) Les marchés boursiers ont connu des trajectoires contrastées mardi, pris entre les inquiétudes liées à la pandémie et la remontée des taux obligataires américains, qui a fait le tri entre secteurs.

Agence France-Presse

Les Bourses européennes ont cédé du terrain : Paris a perdu 0,85 %, Francfort 1,11 % et Milan 1,62 %, tandis que Londres (+0,15 %) a été tirée par les valeurs pétrolières.

À New York, Le Dow Jones a gagné 0,55 % et l’indice élargi S&P 500, 0,17 %, tandis que le NASDAQ a cédé 0,50 %.

« Le scepticisme quant à l’évolution de la pandémie de COVID-19 et aux restrictions qui en découlent, et aux conséquences sur la conjoncture mondiale se fraie […] un chemin », a commenté Andreas Lipkow, pour Comdirect.

Avec la recrudescence des cas, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) s’est alarmée de l’« emprise » de la COVID-19 en Europe, où de nouvelles restrictions sanitaires suscitent la colère.

D’autre part, les marchés envisagent avec de plus en plus de précision le durcissement de la politique monétaire aux États-Unis, après 18 mois de soutien massif de la Réserve fédérale américaine (Fed).

Le président Joe Biden a décidé lundi de reconduire Jerome Powell à sa tête. Ce dernier a assuré que la Fed agirait pour que l’inflation ne « s’enracine pas ».

Même si la nomination de M. Powell était attendue par les marchés, selon Philippe Cohen, gérant de portefeuilles de Kiplink Finance, celui-ci constate que « les taux se tendent car tout le monde anticipe une remontée des taux aux États-Unis ».

Suivant la tendance observée la veille sur les rendements américains, les taux européens sont nettement remontés : le 10 ans allemand s’établissait désormais à -0,22 % contre -0,30 % à la clôture de lundi. Et le taux de la dette français à dix ans a pris sept points de base.

La tech en souffrance

Pénalisées par cette remontée des taux, les valeurs de la « tech » ont reculé. Meta (ex-Facebook), a lâché 1,10 % à 337,25 dollars, Microsoft, 0,63 % à 337,69 dollars, et la plateforme de relations clients dématérialisée Salesforce 1,83 % à 291,42 dollars.

À Paris, Capgemini a lâché 2,89 % et STMicroelectronics 3,96 %.  

Dans un contexte de hausse des taux d’intérêt, les investisseurs se détournent normalement des actions technologiques, car celles-ci ont besoin d’emprunter à taux bas pour générer la croissance sur laquelle se base leur valorisation en Bourse.

À l’inverse, les bancaires ont tiré leur épingle du jeu.

Le pétrole monte malgré Biden

Les cours du pétrole ont paradoxalement bondi après l’annonce par le président américain Joe Biden de l’utilisation coordonnée des réserves stratégiques entre les États-Unis et d’autres pays consommateurs d’or noir, qui visait pourtant à faire baisser les prix.

Le prix du baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en janvier a bondi de 3,27 % à 82,31 dollars.

À New York, le baril de West Texas Intermediate (WTI) pour le même mois a engrangé 2,22 % à 78,50 dollars.

Les actions du secteur ont bondi, à l’instar de BP (+1,50 %) et Royal Dutch Shell (+1,41 %) à Londres. À Paris, TotalEnergies a gagné 1,16 %.  

À New York, ExxonMobil (+2,63 % à 63,13 dollars), ConocoPhillips (+2,63 % à 73,78 dollars) ou Chevron (+2,10 % à 116,30 dollars) ont tous connu une séance enlevée

Eon investit dans le vert

L’énergéticien allemand Eon (-4,23 % à 10,63 euros) a annoncé vouloir investir 27 milliards d’euros dans la transition verte en Europe au cours des cinq prochaines années. Une grande partie de cette somme doit être consacrée à l’extension du réseau énergétique.

Du côté des devises et du bitcoin

La monnaie européenne remontait de 0,15 %, après un plus bas depuis le 3 juillet 2020 : vers 21 h 45 GMT, l’euro valait 1,1254 dollars.

La livre turque a effectué un nouveau plongeon historique, perdant 13 % de sa valeur en quelques heures par rapport au dollar et frôlant les 13 livres pour un billet vert, un niveau encore jamais atteint.

À 21 h 45 GMT, elle valait 12 8476 dollars, en baisse de 13,55 % par rapport à la clôture de la veille.

Le bitcoin prenait 2,85 % à 57 690 dollars.