(New York) Les marchés mondiaux ont réagi de façon mitigée à l’annonce lundi de la reconduction par le président américain Joe Biden de Jerome Powell à la tête de la Réserve fédérale américaine, tandis que les craintes sur la COVID-19 persistaient en Europe.

Agence France-Presse

Après avoir réagi dans un premier temps avec enthousiasme, le Dow Jones a terminé en modeste hausse de 0,05 %.

L’indice élargi S&P 500 (-0,32 %) et le NASDAQ (-1,26 %) qui avaient atteint des records en séance, sont retombés dans le rouge, lourdement pour le NASDAQ, dont les valeurs à dominante technologique sont plus sensibles aux taux d’intérêt.

L’indice technologique a été miné par la hausse des taux sur le marché obligataire. Le rendement sur les bons du Trésor américain à 30 ans a grimpé à 1,62 % au lieu de 1,54 %.  

Les investisseurs prévoient désormais la hausse des taux directeurs de la Fed dès juin 2022, bien plus tôt qu’il y a quelques semaines, ce qui pénaliserait les valeurs de la « tech » en renchérissant les crédits qu’elles contractent pour leur développement.

L’Europe a terminé de manière mitigée, le rebond observé après l’annonce de Joe Biden faisant long feu en fin de séance à cause des craintes de nouvelles restrictions. Londres a gagné 0,44 %, portée par ses valeurs minières, Milan 0,17 % mais Paris a perdu 0,10 % et Francfort 0,27 %.  

Jerome Powell a reçu l’assentiment de Joe Biden pour rester quatre ans de plus à la tête de la puissante banque centrale américaine. Sa nomination doit désormais être confirmée au Sénat.

Après 18 mois d’interventions massives, la Fed a commencé à réduire mi-novembre son soutien aux marchés, et son prochain défi sera la maîtrise de l’inflation, actuellement galopante, tout en affectant le moins possible la reprise économique.

« Les marchés voient donc Jerome Powell adopter une position un peu plus agressive vis-à-vis du retrait des mesures de soutien monétaire et finalement agir sur les taux pour contrôler l’inflation au cours du premier semestre de l’année prochaine », a estimé Christopher Vecchio, analyste pour le site spécialisé DailyFX.

Un exercice périlleux, d’autant que la crise de la COVID-19 n’est pas encore terminée. Plusieurs pays européens prennent des mesures de restrictions face à la hausse des contaminations, jusqu’au reconfinement pour l’Autriche.

En Allemagne, la chancelière sortante, Angela Merkel, a prévenu que les restrictions actuelles n’étaient « plus suffisantes » face à la « situation dramatique » provoquée par la flambée des infections, selon des sources au sein de son parti.  

De plus, l’inflation pourrait grimper encore plus que prévu cet automne, à près de 6 % sur un an en novembre, a prévenu la banque fédérale d’Allemagne.

Par ailleurs, la Bourse de Santiago bondissait de 8,47 % au lendemain du premier tour de la présidentielle au Chili, où le candidat d’extrême droite au programme économique ultra-libéral, José Antonio Kast, est arrivé en tête.

Les télécoms électrisés par TIM

Le fonds américain KKR a manifesté son intérêt pour racheter l’opérateur italien Telecom Italia (TIM), pour près de 11 milliards d’euros.  

KKR propose 0,505 euro par action, soit une prime de plus de 40 % par rapport au cours de clôture de vendredi, avant l’annonce, ce qui a fait bondir TIM de 30,25 % à 0,45 euro lundi.

Vivendi, principal actionnaire de TIM, prenait de son côté 2,53 % à 11,33 euros, tandis que tout le secteur des télécoms était tiré dans le sillage de l’annonce.  

À Francfort, Deutsche Telekom s’est adjugé 2,60 % à 16,91 euros. À Londres, Vodafone a grimpé de 3,19 % à 117,24 pence et BT de 2,52 % à 164,70 pence.

Neil Wilson, analyste de Markets.com, rappelle que « les spéculations sur une éventuelle reprise de BT ont été nombreuses ces derniers temps et la manœuvre de KKR renforce l’idée qu’Altice pourrait lancer une offre ».

Du côté du pétrole, de l’euro et du bitcoin 

Les prix du pétrole ont rebondi un peu lundi après une semaine de forte baisse, la vigueur de la COVID-19 en Europe planant sur la demande d’or noir

Le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en janvier a terminé, à Londres, en progression de 1,02 % à 79,70 dollars. À New York, le baril de West Texas Intermediate (WTI) pour le même mois, dont c’était le premier jour d’utilisation, a lui glané 1,06 %, pour finir à 76,75 dollars.

À 20 h 10 GMT, le dollar grimpait de 0,50 % au plus haut en 17 mois à 1,1233 dollars pour un euro, le billet vert étant galvanisé par la perspective d’une hausse des taux plus rapprochée.

Le bitcoin perdait 5,69 % à 56 150 dollars.