(New York) Les cours du pétrole se sont repris en fin de séance jeudi au lendemain d’une chute, tirés par des craintes liés à une possible entrée de troupes russes en Ukraine.

Agence France-Presse

À Londres, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en janvier a clôturé en légère hausse de 0,27 % à 82,87 dollars, après avoir perdu jusqu’à 1,18 % en séance.

Quant au baril de West Texas Intermediate (WTI) pour livraison en décembre, il a grignoté 0,30 % pour finir à 81,59 dollars.

Selon l’agence Bloomberg, le gouvernement américain a relayé auprès de plusieurs dirigeants européens sa préoccupation quant à l’envoi de troupes russes à la frontière ukrainienne, qui pourrait présager d’une opération militaire d’envergure.

« On voit les risques géopolitiques augmenter, ce qui est de nature à soutenir le pétrole », a résumé Phil Flynn, du courtier Price Futures Group. Important producteur de pétrole, la Russie fournit aussi environ un tiers du gaz naturel européen.

Les tensions géopolitiques ont aussi été ravivées par la Biélorussie, qui a menacé jeudi de fermer les vannes du gazoduc qui achemine du gaz russe en Allemagne et en Pologne, notamment.

Le pays d’Europe central cherche ainsi à dissuader l’Union européenne de le sanctionner pour son rôle supposé dans une crise migratoire à la frontière avec la Pologne.

Signe de la vigueur de cet élan, le brut a continué à progresser en fin de séance malgré le bond du dollar face aux principales devises mondiales.

Plus tôt jeudi, l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) avait revu à la baisse sa prévision de demande pour 2021, un changement qu’elle attribue à de moindres besoins en Chine et en Inde.

« S’ils nous disent que la demande sera inférieure à ce qui était prévu, cela signifie qu’ils ne vont pas être disposés à augmenter la production » davantage que ne le prévoit le calendrier présenté en juillet dernier, a estimé Phil Flynn.

Dans l’immédiat, la fourchette d’évolution des cours restait relativement réduite, car les opérateurs avaient toujours en tête une possible intervention américaine pour répondre à l’insuffisance de l’offre de brut.

Plusieurs élus démocrates poussent le président américain Joe Biden à puiser dans les réserves stratégiques ou à suspendre temporairement les exportations de pétrole américain.

Pour Bjornar Tonhaugen, analyste du cabinet Rystad Energy, l’effet d’une telle suspension « pourrait être limité », notamment parce que les prix sont fixés au niveau mondial, a-t-il écrit dans une note.

En outre, le signal donné par l’interruption des exportations « pourrait se retourner (contre les États-Unis) si d’autres pays exportateurs décidaient d’en faire de même », provoquant une hausse des prix plutôt qu’une baisse.