(New York) De bons résultats d’entreprises et le ton rassurant de la Banque centrale européenne (BCE) ont porté les marchés boursiers mondiaux jeudi, qui ont également accueilli positivement un ralentissement de la croissance américaine.

Agence France-Presse

La Bourse de New York a affiché des records pour le NASDAQ (+1,39 %) et le S&P 500 (+0,98 %) tandis que le Dow Jones a avancé de 0,68 %.

En Europe, Paris a été tirée par de bons résultats d’entreprises et a gagné 0,75 %. Londres (-0,05 %) et Francfort (-0,06 %) ont été plus réservées, et l’indice Stoxx 600 a progressé de 0,24 %.

La BCE a maintenu jeudi toutes ses mesures de soutien à l’économie malgré la forte poussée de l’inflation en zone euro, ce qui renvoie à décembre la décision concernant une normalisation progressive de la politique monétaire.

La présidente de la BCE, Christine Lagarde, a tenu un discours « rassurant » en parlant d’un « recalibrage du programme monétaire d’urgence (PEPP) et non d’un tapering (une réduction des achats d’actifs) », et en affirmant qu’il n’y aurait pas de hausse des taux tout de suite, résume Andrea Tuéni, analyste chez Saxo Banque.

Aux États-Unis, la croissance a fortement ralenti au troisième trimestre, s’établissant à 2 %, en dessous des attentes des analystes.

« Ce chiffre […] est assez mauvais et a tendance à remettre en question voire à éloigner la crainte d’une hausse anticipée des taux de la Fed », analyse M. Tuéni.

Toutefois, comme le soulignait Ryan Detrick, stratégiste en chef pour LPL Financial, cette première estimation du PIB « nous dit ce que nous savions déjà », alors que le rythme d’activité de la première économie mondiale semble avoir repris de l’élan depuis septembre.

« Cette donnée macroéconomique ne va pas non plus remettre totalement en cause le chemin entrepris par la Fed », a encore commenté Andrea Tuéni.

Dans la foulée de ces annonces, les taux d’intérêt des dettes souveraines européennes ont fait le yo-yo, avant de se calmer, orientés à la hausse. Vers 12 h 40, le rendement allemand à 10 ans montait à -0,14 % contre -0,18 % la veille.

Le taux d’intérêt américain pour la même échéance s’est légèrement tendu à 1,57 %.

Résultats mitigés pour les pétrolières 

Le géant des hydrocarbures Royal Dutch Shell a baissé de 2,97 % à 1713,20 pence, après avoir annoncé une perte malgré l’envolée des cours du pétrole et du gaz.  

Si TotalEnergies a multiplié par 23 son bénéfice net au troisième trimestre, grâce à la flambée des cours, cela n’a pas suffi aux investisseurs et le titre a perdu 0,78 % à 43,30 euros à Paris.  

Le prix du baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en décembre a reculé de 0,30 % à 84,32 dollars.

À New York, le baril de WTI pour le même mois a grappillé 0,18 % à 82,81 dollars.

La pénurie de semi-conducteurs fragilise

La pénurie de semi-conducteurs a affecté les résultats des géants de l’automobile Stellantis et Volkswagen : les constructeurs ont tous deux estimé que la crise les avait privés de 600 000 voitures.  

Le groupe allemand a chuté de 4,47 % à 194,78 euros, et Stellantis, coté à Paris, a perdu 1,44 % à 17,30 euros.

Entraînés dans ce mouvement, Porsche a lâché 2,72 % à 90,88 euros, BMW 1,37 % à 87,34 euros et Renault 1,39 % à 30,92 euros.

À Wall Street, le constructeur automobile Ford a été salué (+8,70 % à 16,86 dollars) après avoir annoncé, fort de résultats meilleurs que prévu, qu’il allait de nouveau distribuer des dividendes.

La maison mère de Facebook devient Meta

Déjà en hausse en début de la séance, l’action Facebook (+1,51 % à 316,92 dollars à la clôture) a accéléré lorsque le groupe de Mark Zuckerberg a annoncé qu’il changeait de nom pour sa maison mère, qui va désormais s’appeler « Meta » et être cotée en Bourse sous le symbole MVRS (pour métavers).

Du côté de l’euro et du bitcoin

À 16 h 45, l’euro prenait 0,68 % par rapport au dollar à 11 682 dollar au plus haut en un mois.

Le bitcoin repassait au-dessus des 60 000 dollars (+5,02 % à 61 881 dollars).