(New York) Malgré des résultats d’entreprises positifs, les marchés actions choisissaient la prudence mercredi et étaient gagnés par des craintes liées à la croissance et à l’inflation.

Agence France-Presse

Les Bourses européennes ont fini moroses : Paris a perdu 0,19 %, Londres 0,33 %, Francfort 0,33 % également et Milan 0,61 %.

À la Bourse de New York, Le Dow Jones a terminé en repli de 0,74 % et l’indice élargi S&P 500, de 0,51 %, tandis que le NASDAQ a fini à l’équilibre.

Environ « 80 % des entreprises battent les estimations. Même si on prend en compte les problèmes de chaînes de distribution et de hausses du coût des matières premières, les résultats continuent à être excellents », a relevé Gregori Volokhine, de Meeschaert Financial Services.

Cependant, « l’euphorie suscitée par les bons résultats d’entreprises de cette saison s’estompe », estime Jochen Stanzl, analyste pour CMC Market.

Les marchés semblaient en effet rattrapés par des craintes macroéconomiques ce mercredi.

Déjà, depuis le début de la semaine sur le marché obligataire, « les taux sont prudents » et se replient, « en lien avec les craintes sur la croissance future », explique Valentin Bulle, gérant actions chez Dôm Finance.

À Wall Street, qui a enregistré des prises de bénéfices après trois records consécutifs du Dow Jones, les investisseurs s’inquiétaient d’un possible échec des négociations au Congrès sur deux plans budgétaires massifs voulus par le président Joe Biden.

« En ce moment, les revenus ne tiennent pas le rythme de l’inflation, donc je pense qu’il y a la peur d’une récession sans un nouveau stimulus », a décrypté Christopher Low, économiste en chef du cabinet de conseil financier FHN Financial.

Situations diverses dans la tech

Les géants des technologies, comme Google et Microsoft, ont profité de l’accélération de la transition numérique par la pandémie et ont publié des résultats trimestriels conformes ou supérieurs aux attentes des investisseurs.

Alphabet a bondi de 4,84 % et Microsoft de 4,21 %, les deux titres établissant un nouveau record en clôture.

Le Suédois Spotify, numéro un mondial du streaming musical, a dégagé un bénéfice net et bénéficié d’une croissance du nombre d’utilisateurs et d’abonnés, conformes aux attentes des analystes. Le titre a gagné 8,30 % à Wall Street.

Twitter a glissé cependant de 10,78 %, après avoir subi une lourde perte au troisième trimestre, liée à l’indemnisation d’actionnaires qui accusaient les dirigeants d’avoir trompé les investisseurs en 2015.,  

À Paris, le spécialiste français des paiements électroniques Worldline a chuté de 15,93 % à 55 euros, en raison de résultats jugés décevants.

Les pubs britanniques pétillent

Les actions liées aux bars britanniques ont bondi après un allègement de taxes sur les pubs et sur certains alcools par le gouvernement, à l’instar de Wetherspoon qui a pris 5,27 % à 1039,00 pence et Marstons qui a grimpé de 6,33 % à 81,50 pence.

Mauvaise passe pour Deutsche Bank

La première banque allemande Deutsche Bank, en cours de restructuration, a confirmé ses objectifs d’ici 2022 mais a fortement baissé (-6,92 % à 11,08 euros), accusant le coup de prises de bénéfices.  

Du côté du pétrole, de l’euro et du bitcoin

Les réserves commerciales de pétrole brut aux États-Unis ont augmenté la semaine dernière, davantage que ne le prévoyaient les analystes, tandis que les stocks d’essence ont diminué comme attendu, selon l’Agence américaine d’information sur l’énergie (EIA).

Le prix du baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en décembre a perdu 2,10 %, à 84,58 dollars, par rapport à la clôture de la veille, tandis que le baril de West Texas Intermediate (WTI) pour le même mois a lâché 2,35 % à 82,66 dollars.

L’euro prenait 0,06 % face au billet vert à 1,1603 dollar.

Le bitcoin poursuivait son repli (-5,26 %) à 58 671 dollars, dans le bas de sa fourchette depuis la mi-octobre.