(Paris) Les marchés mondiaux se tenaient sur une ligne de crête jeudi, tentant de jauger les risques inflationnistes dans un contexte de ralentissement économique tout en épluchant des publications trimestrielles mitigées de sociétés cotées.

Agence France-Presse

En Europe, les indices ont fini dans le rouge à Paris (-0,29 %), Londres (-0,45 %), Francfort (0,32 %) et Milan (-0,21 %).

À la Bourse de New York, le Dow Jones cédait 0,34 % et le S&P était quasi stable (-0,01 %) après avoir frôlé des records la veille.

Plus tôt, le dossier du géant chinois de l’immobilier, Evergrande, au bord de la faillite, et dont l’action s’est effondrée de plus de 12 % à la reprise de sa cotation jeudi, a pesé sur la tendance en Asie.  

« La Chine est suspendue au sort de grands acteurs de l’immobilier en particulier Evergrande et aux lèvres des autorités en place quant à leur volonté ou non d’intervenir sur le marché immobilier », ce qui crée « une incertitude sur la croissance économique chinoise qui porte la croissance mondiale », souligne Raphaël Thuin, responsable des stratégies de marchés des capitaux chez Tikehau Capital, interrogé par l’AFP.

Les opérateurs de marché se préparent à un défaut de paiement du groupe, ce qui aurait des répercussions sur d’autres acteurs locaux.

D’autres risques contrarient le marché, avec d’une part une logistique bien congestionnée et de l’autre une hausse des prix matières premières et de l’énergie qui entretient la montée de l’inflation, alors que la reprise économique ralentit.

Aux États-Unis, les pénuries de matières premières et les tensions sur l’emploi laissent des empreintes : l’activité manufacturière a progressé moins vite que prévu en octobre, et ralenti par rapport à septembre, dans la région de Philadelphie.

« Si le marché se rend compte que les problématiques sont durables et qu’elles handicapent dès aujourd’hui les résultats des entreprises alors les banques centrales américaine (Fed) et européenne (BCE) pourraient devoir accélérer le rythme de leur resserrement de la politique monétaire », estime M. Thuin.

Entrée en Bourse de Porsche ?

Le Manager Magazin a indiqué que le constructeur Volkswagen (+2,67 % à 191,80 euros) envisagerait une éventuelle introduction en Bourse de sa filiale de bolides Porsche. Volkswagen n’a pas commenté cette information. La holding Porsche SE (+1,87 % à 87,16 euros), actionnaire majoritaire de Volkswagen, en a profité.

SAP subit des prises de bénéfices

Après un début de séance dans le vert, le géant allemand des logiciels a subi des prises de bénéfices (-3,21 % à 119,86 euros). Il a fait état jeudi martin d’un bénéfice net de 2,13 milliards d’euros au troisième trimestre, en hausse de 1 % sur un an, en particulier grâce à une forte croissance de ses revenus sur son activité infonuagique, en hausse de 20 %.

Unilever rassure

Le géant de l’agroalimentaire et des produits d’hygiène Unilever (+1,17 % à 3863,50 pence) a publié un chiffre d’affaires en progression de 4 % au troisième trimestre, tiré par des prix en hausse pour répercuter la « très forte » inflation des coûts, mais le volume de ventes est en baisse.  

WeWork bien accueilli en Bourse

Le spécialiste des bureaux partagés WeWork était bien accueilli jeudi à Wall Street pour son introduction à la Bourse de New York, deux ans après une tentative avortée. Le titre progressait de 9,44 % à 11,36 dollars vers 16 h 30 GMT, alors que le titre de la SPAC avait clôturé à 10,38 dollars la veille.

Le pétrole et le bitcoin redescendent

Le prix du baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en décembre reculait de 2,42 % par rapport à la clôture de la veille, à 83,74 dollars à Londres vers 10 h 30 (HAE).

À New York, le baril de West Texas Intermediate (WTI) pour le mois de décembre, dont c’est le premier jour d’utilisation comme contrat de référence, refluait de 2,61 % à 81,24 dollars.

L’euro cédait 0,11 % par rapport au billet vert à 1,163 6 dollar.

Le bitcoin reprenait son souffle (-3,60 %) à 63 622 dollars après avoir atteint mercredi un nouveau record, à 66 976 dollars.