(New York) Les cours du pétrole se sont assagis lundi en clôture après avoir battu de nouveaux records pluriannuels en séance, dans un climat haussier fait de forte demande, notamment avec la reprise du transport aérien, et d’offre contenue.

Agence France-Presse

Le prix du baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en décembre a conclu en repli de 53 cents ou 0,62 % à 84,33 dollars.

Il avait atteint 86,04 dollars peu avant 9 h 15, une première depuis le 4 octobre 2018.

À New York, le baril de West Texas Intermediate (WTI) pour le mois de novembre a grappillé 17 cents ou 0,20 % pour terminer à 82,44 dollars. En séance il avait touché 83,73 dollars, un prix plus vu depuis le 21 octobre 2014.

Le Brent et le WTI avaient déjà bouclé vendredi leurs sixième et huitième hausse hebdomadaire, respectivement.

« Avec toutes ces hausses récentes, on a certainement assisté lundi à des prises de profits », a commenté Phil Flynn de Price Futures Group.

L’analyste soulignait aussi l’évolution décevante de la production industrielle aux États-Unis qui a douché les ardeurs des investisseurs.  

La production de la première économie mondiale a chuté en septembre de 1,3 %, à cause notamment de la production automobile qui souffre toujours de la pénurie mondiale de semi-conducteurs. Ce chiffre a surpris les analystes et a jeté un froid sur les perspectives de la demande en énergie.

Le marché a toutefois réagi très modérément au tassement de la croissance économique chinoise annoncé lundi, de 4,9 % sur un an au troisième trimestre contre 7,9 % le trimestre précédent.

La Chine est pourtant un marché clé pour le brut en sa qualité de premier importateur mondial.

Dans le même temps, « la demande de kérosène augmente », a constaté Avtar Sandu, analyste de Phillip Futures.

L’allègement des restrictions de déplacement des personnes à destination de plusieurs pays, comme aux États-Unis ou en Asie du Sud-Est, permet au secteur aérien de progressivement se relancer.

Le report d’une partie de la demande de gaz, dont les prix ont flambé, à l’approche de l’hiver dans l’hémisphère Nord alimente également la pression sur l’or noir.

Or l’offre reste toujours contrainte, l’alliance composée des treize membres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) et de dix alliés, identifiée sous l’acronyme OPEP+, ne relevant que très lentement sa production sabrée au plus fort de la pandémie de COVID-19.