(Boucherville) L’action du grossiste et distributeur alimentaire Colabor a été durement éprouvée vendredi, reculant de plus de 14 % durant la séance, alors que la direction a affirmé que la pénurie de main-d’œuvre ralentissait l’exécution de son plan stratégique.

Publié le 15 oct. 2021
Stéphane Rolland La Presse Canadienne

« Ce n’est pas une question d’offre, mais de demande », a dit Pierre Blanchette, chef de la direction financière, lors d’une discussion avec les analystes financiers dans le cadre du dévoilement des résultats du troisième trimestre. « La demande est là, nous avons seulement de la difficulté à trouver suffisamment de travailleurs pour répondre à cette demande. »

À la Bourse de Toronto, l’action de Colabor a finalement terminé la journée en recul de 0,10 $, ou 9,01 %, à 1,01 $.

La société de Boucherville tente de relancer ses activités depuis des années. Arrivé à la tête de l’entreprise à la fin de l’année 2019, Louis Frenette, président et chef de la direction, a vu ses intentions bouleversées par la pandémie qui a entraîné la fermeture de plusieurs de ses clients dans le secteur de la restauration.

M. Frenette a d’ailleurs confié à un analyste que près du quart des restaurants clients de son réseau de distribution spécialisée n’ont pas rouvert à Montréal, selon des données internes « partielles ». Cette proportion serait d’entre 10 % et 15 % dans le reste de la province.

L’annonce, faite jeudi, d’un assouplissement des mesures sanitaires dans les restaurants québécois à partir du 1er novembre serait une excellente nouvelle pour Colabor, ajoute le PDG. La diminution de l’espace minimal à respecter entre les tables, qui passe de deux mètres à un mètre, leur permettra d’accueillir plus de clients.

Le bénéfice net en baisse

Pour le moment, le plan stratégique de l’entreprise représente une « petite » part de l’augmentation des revenus de 8,8 % à 131,6 millions de dollars, au cours de la période de trois mois terminée le 4 septembre, a précisé M. Frenette. La réouverture des restaurants et l’augmentation des prix sont responsables d’une plus grande part de la hausse.

Le dirigeant s’est toutefois dit satisfait des mesures prises, notamment l’embauche de vendeurs et la refonte de sa marque privée.

Le bénéfice net lié aux activités est toutefois en baisse, passant de 3,4 millions à 2,3 millions. La baisse des subventions liées à la pandémie et la pression à la hausse de la pénurie de personnel sur les salaires expliquent cette baisse, selon l’entreprise.

Les flux de trésorerie, pour leur part, fondent de moitié, passant de 16,4 millions à 7,4 millions. La société attribue cette diminution à un décalage entre ses achats de stock et les paiements de fournisseurs.

La direction a aussi commenté la grève des 150 employés à Lévis à la fin septembre. La grève qui a duré moins d’une semaine a abouti sur une entente entérinée à 99 %. Les travailleurs auront des augmentations qui varieraient entre 16,5 % et 46 % sur une période de cinq ans.

« Adoptée à plus de 99 %, cette convention aligne nos pratiques de rémunération avec l’industrie et nous permettra d’améliorer notre compétitivité en tant qu’employeur et de retenir et attirer les meilleurs candidats, dit M. Frenette. Dans ce contexte, je suis d’autant plus reconnaissant des efforts de nos employés qui, chaque jour, ont contribué au succès de Colabor tout au long de la pandémie. »

Colabor annonce aussi la nomination de Jean Gattuso, ancien président du producteur de jus Industries Lassonde, à son conseil d’administration.