(New York) Les cours du pétrole se sont globalement maintenus mardi proches de leurs plus hauts niveaux depuis plusieurs années, portés par un marché tendu où l’offre contrainte peine à satisfaire une demande robuste.

Agence France-Presse

Le prix du baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en décembre a lâché 23 cents ou 0,27 % par rapport à la clôture de la veille, à 83,42 dollars à Londres.

À New York, au terme d’une séance volatile, le baril de West Texas Intermediate (WTI) pour le mois de novembre a grappillé 12 cents ou 0,14 % à 80,64 dollars.

Le WTI avait culminé lundi à 82,18 dollars et le Brent à 84,60 dollars, une première pour les deux contrats de référence de part et d’autre de l’Atlantique depuis respectivement octobre 2014 et octobre 2018, avant de légèrement refluer.

Pour le WTI, « on est passé au-dessus de la barre des 80 dollars le baril et on s’y maintient », relevait Matt Smith, responsable de l’analyse pétrole pour le fournisseur de données spécialisé dans les matières premières Kpler.

Il soulignait que le cours était resté orienté à la hausse malgré le renforcement du dollar qui handicape d’ordinaire la montée des cours du pétrole.

Le billet vert prenait 0,21 % face aux principales devises selon le Dollar Index et a touché un plus haut en 14 mois face à l’euro à 1,153 3 dollar vers 16 h.

Le prix du brut était aussi tiré par celui des contrats sur l’essence, qui ont terminé en hausse. Outre le dollar, la volatilité de la séance a aussi été déterminée par un marché actions un peu agité, oscillant du vert au rouge mardi, a souligné Matt Smith.  

L’offre d’or noir, toujours limitée par les membres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) et leurs alliés via l’accord OPEP+, peine à satisfaire une demande forte, accentuée par les reports vers le brut d’une partie des achats de gaz, devenus très onéreux.

Ce qui ampute d’autant les stocks de brut.

« Les craintes d’une pénurie d’énergie ont maintenu intact le potentiel de hausse, et les inquiétudes liées au ralentissement de la croissance sont mises en veilleuse », estime Stephen Brennock, de PVM.

Le pétrole cher alimente les risques d’inflation pour les ménages et les entreprises, une menace sérieuse pour la reprise des économies à travers le monde.

Après une folle semaine qui l’aura vu battre mercredi un record historique à 162,12 euros le mégawattheure (MWh), le marché de référence du gaz européen, le TTF (Title Transfer Facility) néerlandais, a grappillé 0,56 % à 85,69 euros, un prix cependant trois fois supérieur à celui de mi-juin.

« Alors que l’appétit du marché reste largement soutenu par la crise énergétique en Europe et en Asie, une correction pourrait se profiler pour le pétrole », prévient Pierre Veyret, d’Activtrades.

Le brut s’est enflammé de plus de 30 % depuis le 23 août, quand le marché était encore préoccupé par les conséquences de la propagation du variant Delta de la COVID-19.

La cheffe économiste du Fonds monétaire international (FMI) Gita Gopinath a estimé pour sa part que les prix de l’énergie devraient cesser de baisser d’ici la fin du 1er trimestre 2022.

« Pour le moment, même si à court terme […] pendant les quelques mois d’hiver, les prix de l’énergie seront élevés, nous nous attendons à ce qu’ils redescendent d’ici la fin du premier trimestre de l’année prochaine et au cours du deuxième trimestre », a-t-elle déclaré à l’occasion de la publication de nouvelles prévisions économiques du Fonds.