(New York) La Bourse de New York a terminé en ordre dispersé mardi, après avoir tenté un timide rebond à la suite des frayeurs de la veille causées par les craintes d’une faillite du géant de l’immobilier chinois Evergrande.

Agence France-Presse

Selon des résultats définitifs, l’indice Dow Jones a lâché 0,15 % à 33 919,84 points. Le NASDAQ, à forte concentration technologique, a avancé de 0,22 % à 14 746,40 points, tandis que le S&P 500 a abandonné 0,08 % à 4354,19 points.

« Il y a eu un rebond, mais il a été plutôt faible », a jugé Peter Cardillo de Spartan Capital Securities. « Cela montre que les investisseurs restent concentrés sur les principales préoccupations qui sont évidemment Evergrande en Chine et le Comité monétaire de la Fed », a indiqué l’analyste à l’AFP.

Selon lui, les marchés « n’ont pas très peur de la Fed » qui ne devrait pas encore annoncer de décision sur son ralentissement d’achats d’actifs. La réunion monétaire se conclut mercredi avec une conférence de presse du président de la Banque centrale Jerome Powell.

En revanche, selon l’économiste des marchés pour Spartan Capital, les investisseurs « cherchent à savoir comment va évoluer la situation d’Evergrande et s’il pourrait y avoir des répercussions pour l’économie mondiale ».

Le promoteur immobilier chinois serait endetté à hauteur de 300 milliards de dollars et a du mal à couvrir ses échéances, ce qui fait craindre une banqueroute.

« S’ils mettent la clé sous la porte et qu’ils ne sont pas sauvés – ce dont je doute, car la Chine va probablement les sortir de là –, cela risque d’être douloureux, avec des impayés massifs qui pourraient ralentir l’activité économique en Chine et peser sur l’économie mondiale », a expliqué M. Cardillo.

Gary Gensler, le patron de la SEC, le gendarme boursier américain, a lui, assuré que le système économique américain était mieux préparé qu’en 2008, lors de la crise financière et immobilière, pour faire face aux répercussions financières d’une faillite d’un groupe comme Evergrande.

Après la sévère chute de Wall Street lundi, où les indices ont connu leur pire séance depuis le printemps, les investisseurs ont aussi profité des bonnes affaires, participant au rebond, notaient les analystes de Wells Fargo.

La question du relèvement du plafond de la dette des États-Unis continuait également de capter l’attention des investisseurs. D’ici la mi-octobre, l’État américain sera à court de financements, faisant craindre le spectre d’un défaut de paiement, jamais intervenu dans l’histoire.

Un bon indicateur sur le marché de l’immobilier en août a aidé à redonner confiance. Les mises en chantier de logements neufs aux États-Unis sont reparties à la hausse en août (+3,9 %) après un plongeon en juillet, et les permis de construire ont augmenté également.

L’indice Dow Jones, qui avait bien redémarré en début et milieu de séance, a perdu de son élan en fin de journée, notamment lorsque Disney, un poids lourd de l’indice, a indiqué que des retards de production dus à la COVID-19 allaient aussi ralentir la hausse des abonnements. Disney a lâché 4,17 % à 171,17 dollars.

La compagnie de location de voitures avec chauffeur et de livraisons de repas Uber s’est envolée de 11,49 % à 44,36 dollars après avoir indiqué qu’elle allait être bénéficiaire dès ce trimestre, soit plus tôt que prévu.

Le fabricant de vaccins anti-COVID-19 Johnson and Johnson a progressé de 0,44 % à 164,53 dollars après avoir vanté l’efficacité d’une dose de rappel de son vaccin conçu au départ comme unidose.

Le groupe anglo-néerlandais Royal Dutch Shell, qui a annoncé lundi la vente à son concurrent ConocoPhillips de ses actifs dans le bassin permien américain pour 9,5 milliards de dollars, a gagné 3,87 % à 40,48 dollars à Wall Street. ConocoPhillips a grimpé de 3,96 % à 59,33 dollars.

Les rendements sur les bons du Trésor à 10 ans se sont très modestement tendus à 1,32 % contre 1,31 %.

La Bourse de Toronto a quant à elle regagné mardi une partie du terrain cédé la veille, dans la foulée de la réélection du gouvernement libéral, qui a donné aux investisseurs un espoir de voir de nouvelles mesures de relance économique.

L’indice composé S&P/TSX du parquet torontois a gagné 89,75 points pour terminer la séance avec 20 244,29 points.

À New York, la moyenne Dow Jones des valeurs industrielles a reculé de 50,63 points à 33 919,84 points, tandis que l’indice élargi S&P 500 a rendu 3,54 points à 4354,19 points. L’indice composé du NASDAQ a quant à lui pris 32,50 points à 14 746,40 points.

Sur le marché des devises, le dollar canadien s’est négocié au cours moyen de 78,12 cents US, en hausse par rapport à celui de 77,95 cents US de la veille.

À la Bourse des matières premières de New York, le cours du pétrole brut a pris 35 cents US à 70,49 $ US le baril, tandis que celui du gaz naturel a reculé de 18 cents US à 4,81 $ US le million de BTU.

Le prix de l’or a gagné 14,40 $ US à 1778,20 $ US l’once, pendant que celui du cuivre a gagné 1,15 cent US pour clôturer près de 4,13 $ US la livre.