(New York) Les cours du pétrole ont terminé en nette baisse lundi au terme d’une journée marquée par des inquiétudes sur la demande, chinoise notamment, avec la perspective de sérieuses perturbations de l’économie de ce pays.

Agence France-Presse

Le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en novembre, coté à Londres, a fini à 73,92 dollars, en baisse de 1,88 % ou 1,42 dollar par rapport à la clôture de vendredi.

Quant au baril de WTI américain, pour le contrat à terme avec livraison en octobre, il a perdu 2,33 % ou 1,68 dollar, pour finir à 70,29 dollars.

« Ce n’est qu’un des aspects de la débâcle qu’on observe sur tous les actifs à risque », a commenté Robert Yawger, responsable des contrats à terme sur l’énergie chez Mizuho Securities.

La situation désespérée du promoteur immobilier chinois Evergrande, au bord du défaut de paiement, « menace de ralentir la croissance chinoise. Or la Chine est le premier importateur mondial de pétrole brut. »

Pour lui, si Evergrande n’honore pas son échéance d’intérêts, jeudi, « je m’attends à ce qu’on ait une journée au moins aussi mauvaise qu’aujourd’hui ».

Le rétablissement progressif des capacités de production de la région du golfe du Mexique a aussi contribué à la séance négative du pétrole. Plus de trois semaines après le passage de l’ouragan Ida, les plateformes tournaient à près de 82 % de capacité lundi, selon le Bureau de régulation de l’environnement et de la sécurité (BSEE).

Dernier facteur, le fait que le marché entre dans la « turnaround season », ou saison des révisions, située entre la saison estivale marquée par une forte demande d’essence, et la saison d’hiver qui connaît une hausse de la demande de mazout ou fioul domestique pour le chauffage.

Les premiers effets de ce changement de saison ont commencé à se manifester lundi sur le marché de l’essence.

Le « crack spread », soit l’écart de prix entre essence et pétrole brut, a ainsi chuté de plus de 11 % (pour les contrats à échéance en octobre), ce qui montre que le prix de l’essence a baissé plus vite que celui de l’or noir, pourtant malmené lundi.

Cela dénote une baisse de la demande d’essence, qui pourrait accentuer encore le repli des cours du brut.