(New York) Les Bourses européennes sont restées dans le rouge mercredi, inquiètes après de mauvaises statistiques chinoises, tandis que Wall Street a rebondi.

Agence France-Presse

Les indices européens ont faibli de Paris (-1,04 %) à Milan (-1,02 %), en passant par Francfort (-0,68 %). Londres (-0,25 %) a limité la casse grâce aux bonnes performances des valeurs énergétiques.

À la Bourse de New York, le Dow Jones a gagné 0,68 %, le S&P 500 0,85 % et le NASDAQ 0,82 %.

« Les marchés européens ont de nouveau été en difficulté aujourd’hui, avec peu de direction, après un recul des marchés asiatiques à la suite d’un ralentissement des ventes de détail chinoises en août, suscitant des inquiétudes concernant la deuxième plus grande économie du monde, qui est en bien pire état que ce que l’on croyait initialement », estime Michael Hewson, analyste chez CMC Markets UK.

Les ventes de détail en Chine, indicateur de la consommation, ont en effet connu en août leur plus faible progression depuis un an, avec une hausse de 2,5 % alors que les analystes anticipaient un rythme de 7 %, notamment en raison de l’impact du variant Delta de la COVID-19.  

Et la production industrielle s’est affichée en août en hausse de 5,3 % sur un an, mais ce rythme est là aussi inférieur au mois précédent (6,4 %).

Aux États-Unis, la production industrielle a progressé moins vite qu’en juillet, pénalisée notamment par l’ouragan Ida.

Mais, point positif, la croissance de l’activité manufacturière dans la région de New York s’est accélèrée considérablement en septembre, et ce, plus que prévu, confortant l’optimisme des industriels pour les six mois à venir, selon un indicateur de la Banque centrale américaine (Fed).

« Dans les prochains mois, les marchés vont être beaucoup plus dépendants de la microéconomie que de la macroéconomie. On connaît les grandes tendances de la Fed et la Banque centrale européenne donc les catalyseurs vont être liés aux entreprises », prévoit Chaguir Mandjee, gérant chez Tailor AM.  

Les doutes concernant le niveau de l’inflation restent également présents. Au Canada, les prix à la consommation ont continué de grimper en août (+4,1 %) sur un an, enregistrant la plus forte progression en un mois depuis 2003.

Le luxe encore à la peine

Les données sur la consommation en Chine, un gros marché pour le luxe, ont encore affaibli ce secteur, déjà en retrait avec les annonces sur la nouvelle politique de « prospérité commune » voulue par président chinois.

À Paris, le trio LVMH (-3,96 % à 621,20 euros), Hermès (-1,73 % à 1247,50) et Kering (-4,09 %, à 631,40 euros), était de nouveau en repli marqué.

À Londres, Burberry cédait 3,37 % à 1780 pence et à Milan, Salvatore Ferragamo perdait 2,23 % à 17,75 euros.

Les pétrolières en forme

Les valeurs pétrolières étaient en hausse dans la foulée d’une progression des cours du brut.  

À Londres, BP a gagné 3,08 % à 309,25 pence et Royal Dutch Shell 1,81 % à 1476,20 pence, alors que les prix du gaz au Royaume-Uni ont atteint mercredi un plus haut historique après l’incendie d’une liaison électrique majeure avec la France.

À Paris, TotalEnergies a également pris 2,23 % à 38,69 euros.

Nouveau rebondissement dans le rachat de Zooplus

Zooplus (-3,04 % à 466,40 euros) a annoncé que le fonds KKR avait mis fin aux discussions autour d’un rachat face à une offre concurrente revue à la hausse.  

Premier acquéreur sur les rangs depuis fin août, le fonds américain Hellman & Friedman a augmenté lundi son offre de 18 %, pour un total de 3,3 milliards d’euros.

Microsoft aide le Dow Jones

Membre du Dow Jones, Microsoft (+1,68 % à 304,82 dollars) a aidé l’indice des valeurs vedettes après avoir annoncé une hausse de son dividende et surtout un nouveau programme de rachat d’actions portant jusqu’à 60 milliards de dollars, pouvant être réalisé à tout moment.

Baisse des stocks de pétrole, hausse des cours

Les réserves commerciales de pétrole brut aux États-Unis ont diminué nettement plus qu’attendu la semaine dernière. La nouvelle a fait bondir les cours de l’or noir.

Le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en novembre a conclu en hausse de 2,52 % à 75,46 dollars à Londres.

À New York, le baril américain de WTI pour octobre a bondi de 3,05 % à 72,61 dollars.

Vers 19 h 30 GMT, l’euro montait de 0,06 % face au billet vert à 1,1810 dollar.

Le bitcoin prenait 2,60 % à 48 043 dollars.