(Londres) Les cours de l’aluminium et du nickel ont battu record sur record au fil de la semaine, alors que les prix élevés de l’électricité en Chine forcent les fonderies à limiter leur production, malgré une vive demande.

Agence France-Presse

Pour l’aluminium en particulier, un coup d’État en Guinée a nourri les inquiétudes des investisseurs, puisque le pays est le deuxième producteur mondial de bauxite, un minerai essentiel à la création du métal.

L’alu à 2924,50 $ US la tonne

Vendredi, le prix de la tonne d’aluminium est monté jusqu’à 2924,50 dollars américains à la Bourse des métaux de Londres, le LME, un sommet depuis début août 2008.

« Si la production de bauxite était affectée par le coup d’État, ce qui n’est pour l’instant pas le cas, de ce que l’on sait, cela pourrait affecter la chaîne entière de production d’aluminium », a expliqué à l’AFP Daniel Briesemann, analyste chez Commerzbank.

Le nickel a culminé vendredi à 20 705 dollars la tonne, un plus haut depuis mai 2014.

Ces prix élevés sont dus à des perspectives d’offre restreinte et d’envol de la demande, notamment avec la transition énergétique.

Ole Hansen, analyste chez Saxo Bank

La transition énergétique dope les besoins de métaux industriels, ajoute M. Hansen, qui donne en exemple le nickel, utilisé pour confectionner certaines batteries électriques.

« Les efforts chinois pour réduire les émissions affectent les industries très gourmandes en énergie qui produisent l’aluminium et le nickel », ajoute-t-il.

« Par ailleurs, l’annonce d’un appel téléphonique entre Xi Jinping et Joe Biden, alors que la Maison-Blanche réfléchit à la manière dont les droits de douane doivent évoluer, fait espérer aux marchés que les tensions commerciales vont s’apaiser », commente Al Munro, courtier chez Marex Spectron.

« Le yuan s’apprécie, les métaux s’apprécient », énonce-t-il : quand la monnaie chinoise monte face au dollar, les investisseurs du premier importateur mondial de matières premières gagnent en pouvoir d’achat.

Sur le LME, la tonne d’aluminium pour livraison dans trois mois s’échangeait à 2919 dollars vendredi à 10 h HAE, contre 2727,00 dollars le vendredi précédent à la clôture.

La tonne de nickel pour livraison dans trois mois coûtait pour sa part 20 545 dollars, contre 19 789 dollars sept jours plus tôt.

Le prix de l’or fond

Le prix de l’once d’or a reculé sur la semaine face au ton ferme adopté par plusieurs membres de la Banque centrale américaine.

« Les amateurs d’or vont être en difficulté si la politique monétaire est durcie d’ici la fin de l’année », prévient Han Tan, analyste chez Exinity Group.

Pour le métal jaune, une Fed plus prompte à resserrer sa politique monétaire signifie que les obligations américaines voient leurs taux monter.

Les investisseurs recherchant des valeurs refuges ont alors tendance à privilégier les bons du Trésor américain sur le métal jaune, qui ne verse aucun rendement.

« Même si la Fed diminue son programme de rachats d’actifs, nous parions sur une hausse du prix de l’or », estime au contraire Ole Hansen, de Saxo Bank.

L’analyste estime notamment que la hausse des prix des autres matières premières devrait focaliser le marché sur l’inflation, ce qui a tendance à pousser les investisseurs vers le marché aurifère.

Vers 10 h HAE, l’once d’or s’échangeait pour 1796,54 dollars, contre 1827,74 dollars la semaine précédente en fin d’échanges.

Le sucre a un goût amer

Les prix du sucre, qui avaient atteint durant l’été des plus hauts depuis début 2017, ont reculé sur la semaine, alors que la production s’annonce plus abondante que prévu.

La tonne de sucre blanc et la livre de sucre brut ont atteint vendredi des plus bas depuis début août, à respectivement 466,30 dollars et 18,90 cents.

Le marché s’inquiétait durant l’été de mauvaises conditions météorologiques au Brésil, qui ont endommagé les plantations de canne à sucre du premier exportateur mondial.

« Heureusement, la situation est différente ailleurs », commente Michaela Helbing-Kuhl, analyste chez Commerzbank, qui cite notamment la Thaïlande, deuxième exportateur mondial.

Après une récolte médiocre en 2020-2021, l’analyste espère que la Thaïlande pourra renouer avec sa production des années précédentes.

« Les surfaces de plantation de canne à sucre ont augmenté en raison de la hausse des prix, et des pluies abondantes sont attendues », ce qui devrait favoriser la pousse, ajoute-t-elle.

À Londres, la tonne de sucre blanc pour livraison en octobre valait 466,50 dollars vers 14 h GMT (16 h à Paris), contre 485,10 dollars le vendredi précédent à la clôture.

À New York, la livre de sucre brut pour livraison au même mois valait 18,90 cents, contre 19,62 cents sept jours auparavant.