(New York) Les marchés se sont armés de patience mardi, attendant d’y voir plus clair dès la fin de semaine sur les intentions de la banque centrale américaine (Fed) lors de sa conférence annuelle de Jackson Hole, mais Wall Street s’est montrée plus optimiste.

Agence France-Presse

Les indices européens ont faibli rapidement après l’ouverture à l’exception de Francfort et Londres qui ont clôturé en légère hausse, respectivement de 0,33 % et de 0,24 %. La cote parisienne, où le secteur du luxe a été à nouveau mis sous pression après deux séances de rebond, a lâché 0,28 %.

La croissance allemande a atteint 1,6 % au deuxième trimestre, plus que prévu, alors que les problèmes d’approvisionnement pourraient désormais freiner la reprise.

Mais les craintes entourant la croissance économique mondiale et la propagation du variant Delta continuent d’inciter à la prudence.

De son côté, la Bourse de New York a inscrit de nouveaux records pour le NASDAQ (+0,52 %) et l’indice élargi S&P 500 (+0,15 %) tandis que le Dow Jones est resté stable (+0,09 %).

Tous les investisseurs patientent avant la conférence des banquiers centraux de Jackson Hole aux États-Unis qui commence jeudi avec en ligne de mire le discours vendredi du patron de la Fed Jerome Powell dont ils espèrent d’éventuels indices sur la perspective d’une normalisation de sa politique monétaire.

Après avoir craint un resserrement monétaire avant la fin de l’année, comme semblait l’indiquer le compte-rendu de la dernière réunion de la Fed publié la semaine dernière, certains investisseurs croient maintenant que l’institution va rester encore accommodante quelque temps, se méfiant de l’impact du variant Delta sur la reprise.

« La réduction progressive des achats d’actifs pourrait bien faire l’objet de discussions lors du symposium de cette année, mais ne pas être mise en œuvre avant 2022, surtout si l’on tient compte des discussions de Powell sur la faiblesse de l’emploi et de l’inflation en mars 2021 », estime ainsi Mondher Bettaieb-Loriot, responsable des obligations d’entreprises, Vontobel. « Les risques associés au variant Delta sont une autre raison de retarder le tapering (resserrement monétaire, NDLR) jusqu’en 2022 », selon lui.

Il faudra patienter aussi jusqu’à jeudi pour connaître l’état des demandes hebdomadaires d’allocations chômage aux États-Unis et la deuxième estimation de l’évolution du produit intérieur brut américain au deuxième trimestre.

Sur le marché obligataire, les rendements sur les bons du Trésor à 10 ans grimpaient à 1,29 % contre 1,25 % la veille.

Le secteur du tourisme recherché

Les valeurs du tourisme ont été recherchées, les investisseurs espérant un retour prochain à la normale grâce aux vaccins. Danni Hewson, analyste chez AJ Bell, estime en outre que l’autorisation pleine du vaccin de Pfizer aux États-Unis laisse espérer un retour des touristes américains.

La compagnie aérienne EasyJet a pris 5 % à 840,80 pence, le croisiériste Carnival 5,18 % à 1554,40 pence, le voyagiste TUI 5,29 % à 324,30 pence et le groupe Whitbread, qui possède les hôtels Premier Inn, 4,53 % à 3183,00 pence.

À Paris, Air France s’est adjugé 5,58 % à 4,15 euros et Accor s’est arrogé 3,41 % à 29,42 euros.

À Francfort, Lufhtansa s’est apprécié de 2,97 % à 8,86 euros.

À New York, Airbnb a bondi de 9,97 % à 161,42 dollars.

Delta passe commande à Airbus

Delta Airlines (+2,86 % à 40,33 dollars) a converti une option pour 30 Airbus A321 neo en commande ferme, portant à 155 le nombre d’appareils de ce type commandés par la compagnie américaine, ont annoncé mardi l’avionneur et le transporteur. Le titre Airbus a pris 1,56 % à 113,46 euros à Paris.

Le pétrole poursuit son rebond

Les prix du pétrole ont été de nouveau en hausse mardi, au lendemain d’un rebond de plus de 5 %, galvanisés par des perspectives pour la demande d’or noir qui s’améliorent.

Le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en octobre a gagné 3,34 % à 71,05 dollars à Londres par rapport à la clôture de mercredi.

À New York, le baril américain de WTI pour septembre progressait de 2,89 % à 67,54 dollars.

L’euro était quasi stable (+0,05 %) face au billet vert, à 1,1751 dollar.

Le bitcoin cédait 3,09 % à 47 983 dollars, après avoir atteint lundi 50 512 dollars, un plus haut depuis mi-mai.