(Pékin) Les autorités chinoises ont convoqué vendredi une vingtaine de start-up, dont les géants de l’internet Alibaba, Tencent et Didi, pour un rappel à l’ordre sur leurs pratiques, au moment où Pékin serre la vis au secteur.

Agence France-Presse

Il leur a été demandé de « procéder à un examen approfondi » en matière d’entraves à la concurrence, de sécurité des données personnelles et de respect des droits des utilisateurs, a annoncé le ministère de l’Industrie et des technologies de l’information (MIIT).

Ces demandes doivent être « prises au sérieux » et des mesures mises en œuvre « sans compromis », précise le communiqué.

Les autorités se montrent ces derniers mois particulièrement intransigeantes sur ces questions et plusieurs poids lourds du secteur ont été épinglés pour des pratiques jusque-là tolérées et largement répandues.

Outre les géants de l’internet Alibaba, Tencent et ByteDance (maison-mère de TikTok), le « Uber chinois », Didi, fait partie des entreprises chinoises à avoir été convoquées. Cette société fait depuis le début du mois l’objet d’une enquête en lien avec sa collecte de données privées.

La procédure a été lancée après l’entrée de la start-up à Wall Street, qui lui a permis de lever 4,4 milliards de dollars et à laquelle Pékin ne semblait pas favorable.  

En mars, le régulateur avait déjà convoqué les poids lourds de la tech pour un échange sur la sécurité en ligne.

Les entreprises du numérique ont longtemps bénéficié en Chine d’une législation relativement laxiste, en particulier sur les données. Et l’absence de concurrents étrangers a permis à des géants locaux d’émerger.

Le géant chinois du cybercommerce Alibaba avait été le premier à subir la vindicte des autorités et à être condamné au printemps à une amende équivalent à 2,7 milliards de dollars américains pour entrave à la concurrence.  

Le pouvoir communiste a depuis étendu à d’autres secteurs sa campagne de durcissement réglementaire, dont celui des très lucratifs cours de soutien privés.

Dans un contexte de rivalité avec Washington, la Chine envisage par ailleurs de durcir les conditions de cotation à l’étranger pour ses entreprises.  

Ces dernières devront au préalable être irréprochables en matière de cybersécurité, selon des directives qui restent à finaliser.

Vendredi, une réunion du Bureau politique, la plus haute instance du Parti communiste au pouvoir, a insisté sur la nécessité « d’améliorer la réglementation » en la matière, a rapporté la télévision nationale CCTV.