(New York) En amont des premiers résultats des Gafam et de la décision de la Fed, la prudence s’imposait mardi sur les marchés boursiers occidentaux, par ailleurs victimes des répercussions d’un nouveau tour de vis réglementaire des autorités chinoises.

Agence France-Presse

Loin des pertes enregistrées par leurs homologues chinoises, les principales places boursières européennes ont quand même accusé le coup mardi : la Bourse de Paris a fini en baisse de 0,71 %, celle de Londres de 0,42 %, celle de Francfort de 0,64 % tandis que Milan a reculé de 0,83 %.

À Wall Street, le Dow Jones a terminé en repli de 0,24 %, le NASDAQ de 1,21 % et l’indice élargi S&P 500 de 0,47 %.

Nous avons assisté à « une migration du risque lié au stress sur les valeurs chinoises », en particulier les valeurs technologiques dont beaucoup sont aussi cotées aux États-Unis, estime Alexandre Baradez, analyste de IG France.

Les autorités régulatrices chinoises ont intensifié ces derniers jours leur pression sur plusieurs secteurs d’activité, dont l’éducation et le numérique, entraînant un décrochage des valeurs concernées sur les principales places boursières chinoises.

Par ailleurs, les investisseurs « se préparent à 48 heures intenses avec les résultats des grandes entreprises technologiques [américaines] et la réunion de la Réserve fédérale américaine », la Fed, note de son côté Craig Erlam, analyste chez Oanda.

Après la clôture de Wall Street, Apple, Microsoft ou encore Alphabet (maison mère de Google) étaient attendues au tournant.

Il y a « un peu de crispation » sur les marchés en raison du risque que les investisseurs, qui ont déjà intégré dans leurs prix de bons résultats, « vendent la nouvelle » quand elle sera publiée, prévient M. Baradez.

La réunion de politique monétaire de la Fed, qui a débuté ce mardi pour deux jours, participait en outre à la nervosité ambiante.

Le marché s’attend « à ce que le président de la Fed Jerome Powell et ses collègues se complaisent dans leur message accommodant et reportent toute décision difficile jusqu’à ce que la dernière vague [de COVID-19] soit passée et que l’environnement soit beaucoup plus clair », poursuit M. Erlam.

« On peut supposer que la Banque centrale continuera de gagner du temps et d’attendre les données économiques des prochains mois avant de s’engager dans des mesures de réduction de ses achats d’actifs », juge pour sa part Jochen Stanzl, analyste chez CMC Markets.

Sur le marché obligataire, les taux d’intérêt à dix ans, déjà très bas, ont fini en légère baisse dans la zone euro. Aux États-Unis, le bon du Trésor reculait plus nettement, à 1,24 %.

Côté indicateurs, aux États-Unis, les commandes de biens durables ont bien moins augmenté qu’attendu en juin tandis que la confiance des consommateurs n’a que peu progressé en juillet, après cinq mois d’amélioration. Elle reste cependant à son plus haut niveau depuis le début de la pandémie.

Dans le viseur de Pékin

Les entreprises chinoises de la tech cotées aux États-Unis creusaient leurs pertes : Tencent, qui fait l’objet d’une procédure pour pratiques anticoncurrentielles en Chine, perdait 7,31 % à 9,70 dollars, tandis qu’Alibaba reculait de 5,91 % à 180,42 dollars.

LVMH sans enthousiasme

À Paris, le numéro un mondial du luxe LVMH a fini en repli de 0,56 % à 669,60 euros. Il a pourtant vu son bénéfice net décuplé au premier semestre par rapport à celui de 2020 pour atteindre 5,3 milliards d’euros.

Croda en grande forme

À Londres, le groupe de chimie Croda a grimpé de 5,62 % à 8266,00 pence. Il a annoncé mardi un relèvement de ses objectifs annuels après une forte hausse de ses ventes au premier semestre, soutenues par des composants qu’il produit pour des vaccins contre la COVID-19.

Du côté du pétrole, du bitcoin et de l’euro

Le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en septembre a terminé quasiment stable à 74,48 dollars (-0,02 %) par rapport à la clôture de lundi.

À New York, le baril de WTI pour le même mois a lui perdu 0,36 % à 71,65 dollars.

L’euro était quasiment stable (-0,02 %) face au billet vert, à 1,1818 dollar.

Le bitcoin était en hausse de 2,66 % à 38 165,70 dollars.