(Londres) Tesla, Twitter et peut-être même Amazon : l’intérêt renouvelé des géants de la technologie pour le bitcoin a donné un coup d’accélérateur au marché des cryptomonnaies, lundi, après plusieurs semaines de patinage.

Joseph SOTINEL Agence France-Presse

En milieu d’après-midi, le prix du bitcoin bondissait de 14,74 %, pour atteindre 39 588 $ US, un sommet depuis la mi-juin.

Les analystes attribuaient cette hausse à une série d’informations positives ces derniers jours.

Mercredi dernier, le fonds d’investissement américain Ark Invest organisait le B Word, un évènement visant à promouvoir l’utilisation institutionnelle du bitcoin.

Lors d’une discussion en ligne, les patrons d’Ark Invest, Cathie Wood, de Tesla, Elon Musk, et de Twitter, Jack Dorsey, ont réaffirmé leur intérêt pour les cryptomonnaies.

L’intervention de M. Musk était particulièrement attendue : l’excentrique milliardaire a souvent vanté les mérites des cryptomonnaies, mais s’était inquiété de l’impact du bitcoin sur l’environnement. Il avait pour cette raison décidé en mai que Tesla ne l’accepterait plus comme moyen de paiement.

Éloignement de la Chine

Mercredi, il a annoncé que son groupe allait « très probablement » recommencer à le faire.

Ses inquiétudes se sont, a-t-il dit, amoindries par le durcissement des législations chinoises contre les « mineurs » de bitcoin.

Ces entreprises essentielles au fonctionnement du réseau décentralisé bitcoin, mais gourmandes en électricité, vont se relocaliser dans des régions où l’énergie provient de sources moins polluantes, estime le milliardaire.

Un message bienvenu pour les amateurs de cryptomonnaies, en difficulté récemment : si le bitcoin reste en hausse vertigineuse de 290 % sur un an, il a reculé de 40 % depuis son sommet, à près de 65 000 $ US, atteint à la mi-avril.

« Les achats se multipliaient depuis la conférence The B Word de la semaine dernière », confirme à l’AFP Fawad Razaqzada, analyste chez ThinkMarkets.

Mais la prudence du marché, qui s’éloignait des actifs à risque en raison de la propagation de la COVID-19 la semaine dernière, a empêché la cryptomonnaie de prendre son essor, ajoute Susannah Streeter, analyste chez Hargreaves Lansdown.

Amazon

Depuis, un autre géant de la technologie a fait part de son intérêt : vendredi, Amazon a publié une annonce de recrutement pour un poste de chargé de projet cryptomonnaie.

« Ça va commencer avec le bitcoin », a affirmé une source anonyme au quotidien économique CityAM.

« C’est toujours de la pure spéculation pour l’instant », précise cependant Susannah Streeter, analyste chez Hargreaves Lansdown.

Si elle considère comme « probable que de plus en plus de grands acteurs acceptent les cryptomonnaies », elle conseille aux investisseurs de ne placer « qu’une partie marginale » de leur portefeuille dans ce secteur aux mouvements abrupts.

Car « si Amazon contredit cette information, le prix va retomber », prévient Loukas Lagoudis, du fonds d’investissement spécialisé ARK36.

Un prix « effervescent », mais « exagéré » ?

« Le prix effervescent du bitcoin de lundi a été exagéré par un nombre important de paris à la baisse qui ont été perdus », commente pour sa part James Bennett, du cabinet d’analyse de cryptomonnaies ByteTree, sur Twitter.

Un premier mouvement modéré à la hausse a poussé les investisseurs pariant sur une baisse à liquider leur position, ce qui peut exacerber la montée d’un actif financier.

Reste à savoir dans quelle direction le vent va souffler : ces derniers mois, les efforts de régulation du marché décentralisé du bitcoin avaient pesé sur le cours.

Outre les efforts chinois pour empêcher l’activité des mineurs comme des plateformes d’échanges, les régulateurs en Europe et aux États-Unis multiplient les avertissements et les sanctions.

« Je reste un sceptique du bitcoin, mais en repassant au-dessus des 34 500 $ », la cryptomonnaie bénéficie d’une tendance positive, juge Jeffrey Halley, analyste chez Oanda.