(Paris) Avec des pertes oscillant entre 2,30 % et plus de 3 %, les marchés actions européens ont accusé le coup lundi, délaissés par des investisseurs inquiets de la résurgence des cas de COVID-19 et ayant préféré trouver refuge sur le marché obligataire.

Juliette VILROBE Agence France-Presse

Au terme d’une séance ayant vu la plupart des places européennes perdre jusqu’à plus de 3 %, Paris a fini en baisse de 2,54 %, Londres de 2,34 % quand Francfort s’est enfoncé de 2,62 % et Milan de 3,34 %.

Même forte aversion au risque à Wall Street où, vers 12 h 35, le Dow Jones (-2,52 %), le S&P 500 (-1,94 %) et le NASDAQ (-1,38 %) creusaient leurs pertes après avoir débuté en nette baisse.

Nous assistons à « une crise de pessimisme des marchés aujourd’hui », souligne auprès de l’AFP Daniel Larrouturou, gérant actions chez Dôm Finance.  

« On pensait que la vaccination allait contenir l’expansion du virus et permettre une libéralisation quasi totale de l’activité », un scénario remis en cause « par le plafonnement ou la moindre rapidité des vaccinations et la diffusion par contre beaucoup plus rapide du virus dans de nombreux pays », note-t-il.

La hausse du nombre de cas de COVID-19 inquiète toutes les régions du monde, mais plus particulièrement l’Europe où les autorités commencent à remettre en place des restrictions d’accès.  

En France, face à une reprise « stratosphérique » de l’épidémie de COVID-19, le conseil des ministres adopte lundi un projet de loi intégrant l’obligation vaccinale des soignants et étendant le passeport sanitaire.  

À contre-courant, l’Angleterre jette le masque et supprime la plupart des restrictions liées à la pandémie, une étape redoutée par nombre de scientifiques et de responsables politiques, d’autant que le pays est désormais celui du continent le plus touché en nombre de cas.

Par ailleurs, « des inquiétudes sur une grosse société immobilière en Chine, qui aurait du mal à rembourser sa dette, pèsent également », explique M. Larrouturou.

Dans ce contexte, les investisseurs préféraient se reporter vers des valeurs refuges, en particulier les obligations d’État.

Le taux d’intérêt des obligations de l’État américain à 10 ans chutait ainsi à 1,20 % vers 12 h 20, au plus bas depuis début février, contre 1,29 % à la clôture de vendredi.

Le tourisme affecté

Le secteur du tourisme a souffert de la situation sanitaire et des nouvelles restrictions prises en Europe, en particulier par Paris et Londres qui ont durci les conditions d’accès à leur sol.

Le croisiériste Carnival a plongé de 8,27 % à 1297,20 pence. Du côté de l’aérien, Easyjet a chuté de 6,62 % à 769,60 pence, IAG de 5,23 % à 159,00 pence, Air France a perdu 2,89 % à 3,79 euros et Airbus s’est enfoncé de 6,38 % à 103,58 euros tandis qu’Aéroports de Paris a reculé de 3,82 % à 103,35 euros.

Les prix du pétrole chutaient de plus de 6 %, plombés par la décision de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole et de leurs alliés (OPEP+) d’augmenter leur production au moment où la remontée des cas de COVID-19 menace de lester la demande mondiale.

Vers 12 h 30, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en septembre s’enfonçait de 6,02 % à 69,16 dollars à Londres. A New York, le baril de WTI pour août plongeait de 6,62 % à 66,82 dollars.

Vers 12 h 35, l’euro cédait 0,05 % face au billet vert, à 1,1805 dollar, limitant ses pertes après avoir sombré à son plus bas depuis début avril à 1,1766 dollar vers 9 h 15 GMT.