(New York) Les Bourses européennes ont terminé en ordre dispersé mercredi et Wall Street ralentissait après des commentaires pourtant rassurants du président de la Banque centrale américaine (Fed).

Agence France-Presse

En Europe, Londres a clôturé dans le rouge à -0,47 %, tandis que Milan a progressé de 0,15 %. Paris et Francfort ont fini parfaitement stables.  

Les indices de Wall Street ont conclu en ordre dispersé. Le Dow Jones a gagné 0,13 % et le S&P 500 a progressé de 0,12 % sans parvenir à conserver un nouveau record obtenu en séance. Mais le NASDAQ a perdu 0,22 %.

Le président de la Fed a une fois de plus tenté de rassurer les marchés après la publication de la plus forte hausse depuis 2008 des prix à la consommation en juin, aux États-Unis, au-delà de ce qu’anticipaient les analystes.

L’inflation « devrait rester élevée dans les prochains mois avant de ralentir », a dit Jerome Powell mercredi après-midi aux élus de la Chambre des représentants, lors de son audition semi-annuelle.

L’emploi reste loin du niveau maximal que veut atteindre la Fed, qui « continuera à apporter un soutien puissant à l’économie jusqu’à ce que la reprise soit complète », a-t-il ajouté.

Dans la lignée de ces déclarations, « les investisseurs continuent de se ranger du côté des banques centrales qui considèrent l’inflation comme temporaire », et c’est pourquoi « il n’y a toujours pas d’impact sur le marché boursier », estime Jochen Stanzl, analyste chez CMC Markets.

Le Livre beige de la Fed, publié mercredi également, a signalé une croissance « robuste à modérée » mais souligné les tensions sur les prix répandues dans de nombreuses régions.

En Europe, « la production industrielle de la zone euro a baissé plus que prévu en mai, ce qui n’incite pas la BCE non plus à adopter une politique monétaire plus restrictive », relève Denis Ducatel, expert en investissements financiers chez Milleis Banque.

La Banque du Canada a annoncé mercredi le maintien de son taux directeur à son niveau plancher de 0,25 %.

Sur le marché obligataire, les rendements se sont détendus après une forte remontée la veille en fin de journée.

Bons résultats pour les bancaires

Tout comme JPMorgan Chase et Goldman Sachs la veille, Citigroup (-0,29 % à 68,17 dollars), Wells Fargo (+3,98 % à 44,95 dollars) et Bank of America (-2,51 % à 38,86 dollars) ont publié mercredi un bénéfice nettement supérieur aux attentes des analystes, encouragé par une diminution des réserves constituées en début de crise sanitaire pour faire face à une dégradation de l’économie.

Le premier gestionnaire d’actifs mondial, BlackRock (-3,06 % à 880,32 dollars), a annoncé des résultats supérieurs aux attentes et une hausse de ses actifs sous gestion au deuxième trimestre.

« Les banques ont fait mieux qu’attendu mais les marchés ont des exigences très élevées actuellement », explique M. Ducatel.

« Il y a aussi des prises de bénéfice, notamment sur BlackRock » qui a publié un bon second trimestre, « sans aucune déception » pour les investisseurs, ajoute-t-il.

Les minières plébiscitées

Le secteur minier bénéficiait de l’inflation. À Paris, ArcelorMittal (+2,45 % à 26,37 euros) et Aperam (+1,38 % à 47,08 euros) ont fini dans le haut du panier. À Londres, Glencore a pris 1,75 % à 319 pence.

L’aérien en difficulté

La Commission européenne a dévoilé mercredi son projet de « big bang » législatif pour atteindre les objectifs climatiques de l’UE, dont un projet de taxation du kérosène dans l’aérien.

Déjà pénalisées par la progression du variant Delta, les valeurs de l’aérien ont reculé.

À Paris, Air France-KLM a perdu 2,51 % à 3,81 euros et Aéroports de Paris (ADP) a reculé de 1,69 % à 107,45 euros.

À Londres, IAG a perdu 1,21 % à 171 pence et EasyJet 4,35 % à 840 pence.

Du côté du pétrole, des changes et du bitcoin

Les réserves commerciales de pétrole brut aux États-Unis ont chuté bien plus fortement que prévu pour la huitième semaine consécutive mais la demande d’essence s’est affaiblie, a indiqué mercredi l’Agence américaine d’information sur l’énergie (EIA).

Le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en septembre a chuté de 2,26 % à 74,76 dollars à Londres.

À New York, le baril de WTI pour août a reculé de 2,81 % à 73,13 dollars.

Dans le même temps, l’euro remontait face au billet vert (+0,49 % à 1,1836 dollar) et la livre s’appréciait de 0,29 % à 1,3856 dollar, après avoir atteint un plus haut depuis début avril.

Le bitcoin prenait 0,92 % à 32 800 dollars.