(Paris) Les Bourses européennes, galvanisées par un marché américain surfant sur ses plus hauts, ont fini en hausse lundi à l’issue d’une séance sans actualité majeure, mais en amont d’une semaine chargée en résultats d’entreprises et données macroéconomiques.

Agence France-Presse

« Durant la majeure partie de la journée, les marchés européens ont évolué en territoire négatif ; toutefois ces pertes ont commencé à se résorber et ils sont repassés en territoire positif avec l’ouverture des marchés américains », explique Michael Hewson, analyste en chef chez CMC Markets UK.

La Bourse de Paris s’est ainsi installée bien au-dessus des 6500 points (+0,46 %) quand celle de Francfort (+0,65 %) est parvenue à franchir en fin de séance un nouveau record à 15 806 points, effaçant le précédent qui datait de juin.

Londres, plombé par le secteur aérien, a en revanche fini de justesse dans le vert (+0,05 %) tandis que Milan a gagné 0,92 %.  

De leur côté, après un démarrage en ordre dispersé, les marchés américains ont eux aussi basculé dans le vert et repris leur course aux records, « alors que l’essentiel de l’attention des investisseurs se concentre sur le lancement de la saison des résultats des banques américaines mardi », JPMorgan et Goldman Sachs ouvrant le bal, complète M. Hewson.

Vers 17 h GMT, le Dow Jones montait de 0,27 %, le S&P 500 de 0,21 % tandis que le NASDAQ grappillait 0,02 %.  

« Certains investisseurs voudront clairement évaluer si la rentabilité des entreprises peut soutenir la valorisation des actions à ces niveaux avant de prendre davantage de risques », souligne Fawad Razaqzada, analyste chez ThinkMarkets.

Les opérateurs scruteront également cette semaine l’évolution des prix à la consommation aux États-Unis et dans plusieurs pays européens, ainsi que le PIB de la Chine au deuxième trimestre.

Du côté des indicateurs, le moral des entreprises au Royaume-Uni est au plus haut depuis 2005 malgré la rapide propagation du variant Delta qui pourrait peser sur la reprise économique.

Le ministre britannique de la Santé, Sajid Javid, a confirmé lundi la levée le 19 juillet de presque toutes les restrictions liées à la pandémie, comme prévu par le gouvernement.

Toujours en Europe, Bruxelles a annoncé lundi, sous la pression de Washington, le gel de son projet de taxe numérique.  

La secrétaire américaine au Trésor, Janet Yellen, a par ailleurs demandé à l’UE d’envisager « des mesures budgétaires supplémentaires », notamment un assouplissement de ses règles de déficit, pour consolider la reprise économique mondiale après la pandémie.

L’aérien en berne

Les valeurs du secteur du voyage se repliaient, les perspectives de reprise pour cet été étant sérieusement assombries par la propagation du variant Delta.

À Londres, le groupe IAG (British Airways, Iberia, Vueling) a perdu 4,24 % à 177 pence et la compagnie aérienne EasyJet 3,62 % à 900 pence.

A Paris, Air France a reculé de 1,92 % à 3,99 euros et Aéroports de Paris a cédé 0,63 % à 110,35 euros.

Virgin Galactic redescend sur terre

À Wall Street, Virgin Galactic ne profitait guère (-14,24 % à 42,20 dollars) du succès dimanche de son vol spatial habité, qui transportait notamment son fondateur, le milliardaire britannique Richard Branson. Selon M. Hewson, le titre était affecté par des informations selon lesquelles « la société réfléchirait à une vente d’actions, car elle cherche à intensifier le calendrier de son plan de vol ».

Sans croissance, Atos dévisse

Le groupe informatique a chuté de 17,94 % à 43,28 euros à Paris, après avoir annoncé des ventes décevantes au deuxième trimestre et dit qu’il ne retrouverait pas la croissance comme prévu en 2021.

Du côté du pétrole, de l’euro et du bitcoin 

Les prix du pétrole reculaient, le marché peinant à se positionner après l’échec des négociations de l’OPEP+.  

Vers 12 h 20, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en septembre perdait 0,61 % à 75,09 dollars à Londres.

À New York, le baril de WTI pour août lâchait 0,68 %, à 74,05 dollars.

Vers 16 h 55 GMT, l’euro cédait 0,15 % face au billet vert, à 1,1859 dollar.  

Le bitcoin reculait dans le même temps de 2,50 % à 33 212 dollars.