(New York) La Bourse de New York a fini en ordre dispersé jeudi au lendemain de la fin d’une réunion de politique monétaire de la Banque centrale américaine (Fed) lors de laquelle l’institution a envisagé deux hausses de ses taux directeurs en 2023.

Agence France-Presse

Le Dow Jones a perdu 0,62 % à 33 823,45 points, baissant pour la quatrième séance consécutive, tandis que le NASDAQ a rebondi en montant de 0,87 % à 14 161,35 points.  

L’indice élargi S&P 500 a fini proche de l’équilibre (-0,04 % à 4221,86 points).

« Les répercussions du message de politique monétaire envoyé mercredi par la Fed ont continué de dominer l’activité sur les marchés, conduisant à une volatilité élevée jeudi », observe Karl Haeling de LBBW.

« Wall Street a terminé sans direction claire alors que les investisseurs ont opéré des rotations depuis les actions de valeurs (dont le prix ne reflète pas la valeur intrinsèque, NDLR) et cycliques vers des titres technologiques et de croissance », poursuit l’expert, estimant qu’il s’agissait essentiellement de rééquilibrages.

Mercredi, à l’issue de sa réunion, la Fed a tablé sur une hausse de 7,0 % du Produit intérieur brut américain en 2021, contre 6,5 % estimé en mars. L’inflation devrait atteindre les 3,4 % cette année, contre une estimation de 2,4 % en mars, selon l’institution.

Le président de la Réserve fédérale, Jerome Powell, a toutefois campé sur ses positions lors de sa conférence de presse mercredi après-midi, rappelant que l’accélération de l’inflation était, selon lui, temporaire et devrait se stabiliser en 2022 et 2023.

Parmi les valeurs du jour, CureVac s’est effondré de 38,99 % après les résultats très décevants du vaccin contre la COVID-19 développé par ce laboratoire allemand, qui ne remplit pas à ce stade les critères de performance exigés pour une mise en circulation.  

Le géant britannique du courtage en assurances Aon a reculé de 4,61 %. Le ministère américain de la Justice a annoncé mercredi vouloir bloquer le rachat par Aon de son concurrent Willis Towers Watson (-2,09 %) au motif que l’opération pourrait faire monter les prix et réduire l’innovation.

Ford a baissé de 1,66 % après avoir pourtant indiqué s’attendre à un bénéfice ajusté avant impôt dépassant ses attentes pour le 2e trimestre et avoir fait part de réservations « solides » pour quatre nouveaux modèles, dont les versions électriques de sa populaire camionnette F-150 et de sa fourgonnette Transit.

Au rang des indicateurs du jour, l’activité manufacturière dans la région de Philadelphie a encore ralenti en juin, affectée notamment par les difficultés d’approvisionnement pour certains composants, mais la tendance générale reste bonne avec des attentes pour les six mois à venir au plus haut en près de 30 ans, selon un indice de la Fed.

Sur le marché obligataire, le taux à 10 ans sur la dette américaine, qui avait grimpé mercredi après-midi après la Fed, refluait, s’établissant à 1,51 % contre 1,58 % la veille au soir.

Pire séance en près d’un mois à Toronto

La Bourse de Toronto a connu sa pire séance en près d’un mois et le dollar canadien a plongé à un creux de sept semaines, alors que les investisseurs continuaient à réagir aux commentaires faits la veille par la Réserve fédérale des États-Unis au sujet d’une hausse plus hâtive que prévu des taux d’intérêt.

« Après la rencontre d’hier de la Fed, le marché s’est mis à reculer […]. Les gens ont eu la nuit pour digérer cela, et ils ont décidé de poursuivre dans cette voie », a expliqué Michael Currie, vice-président et conseiller en investissement chez Gestion de patrimoine TD.

L’indice composé S&P/TSX du parquet torontois a perdu 86,92 points pour terminer la journée avec 20 144,04 points. C’était son déclin le plus prononcé depuis le 19 mai.

Les matières premières ont encaissé le plus gros coup, avec des baisses de prix et une hausse du dollar américain, ce qui a nui aux secteurs torontois des matériaux et de l’énergie.

En plus d’indiquer qu’elle ne prévoyait plus devoir attendre jusqu’en 2024 pour hausser ses taux d’intérêt, la Fed a indiqué mercredi que ce n’est pas une hausse, mais bien deux qui devraient avoir lieu en 2023.

Sur le marché des devises, le dollar canadien s’est négocié au cours moyen de 81,03 cents US, en baisse par rapport à celui de 82,03 cents US de la veille.

À la Bourse des matières premières de New York, le cours du pétrole brut a reculé de 1,11 $ US à 71,04 $ US le baril, pendant que celui de l’or a plongé de 86,60 $ US à 1774,80 $ US l’once. Le prix du cuivre a culbuté de 20,7 cents US pour terminer près de 4,18 $ US la livre.

La Presse Canadienne