(Paris) Les Bourses européennes ont terminé globalement dans le rouge lundi, défiantes en raison de données chinoises et américaines mitigées, d’une résurgence de la pandémie en Asie et toujours préoccupées par l’accélération de l’inflation.

Agence France-Presse

Au terme d’une séance hésitante, Paris a abandonné 0,28 %, Londres a lâché 0,15 % tandis que Francfort a cédé 0,13 % après être pourtant monté jusqu’à 15 482 points, à proximité de son record de la mi-avril. De son côté, Milan a gagné 0,39 %.

Vers 12 h 40, Wall Street baissait toujours : le Dow Jones reculait de 0,26 %, le S&P 500 de 0,41 % tandis que le NASDAQ perdait 0,79 %.

« Le début de semaine a été prudent et modéré pour les marchés européens » sur fond de données chinoises décevantes et « de nouvelles restrictions imposées dans certaines régions d’Asie », relève Michael Hewson, analyste en chef chez CMC Markets UK.

Taïwan et Singapour, deux îles jusqu’à présent très peu touchées par la pandémie de COVID-19, ont annoncé lundi la fermeture des écoles après une hausse du nombre de contaminations locales.

Par ailleurs, le marché cherche toujours à anticiper « la prochaine étape » de l’action des Banques centrales face à la résurgence de l’inflation, souligne auprès de l’AFP Alexandre Baradez, analyste chez IG France.

Les investisseurs ne sont « pas inquiets fondamentalement », car qui dit inflation dit « réouverture des économies et accélération de la croissance », mais « à court terme, cela reste un point de fixation », selon lui.

En outre, depuis de récentes statistiques économiques en dessous des attentes aux États-Unis, des interrogations sur la vigueur de la reprise se sont ajoutées aux préoccupations liées au sursaut de l’inflation.

Ce lundi, les ventes de détail n’ont pas augmenté aussi vite que prévu en avril en Chine tandis que la croissance de l’activité manufacturière a un peu ralenti en mai dans la région de New York, malgré une hausse des nouvelles commandes.

Dans ce contexte, le compte-rendu de la dernière réunion de politique monétaire de la Réserve fédérale américaine (Fed), qui sera publié mercredi, devrait être au centre de l’attention des investisseurs.

Tourisme et restauration souffrent à Londres

Outre-Manche, plusieurs valeurs liées au tourisme et à la restauration ont souffert, les investisseurs s’inquiétant de l’émergence du variant indien dans le pays, qui pourrait menacer la prochaine phase de déconfinement et le retour à la normale prévu fin juin.

La compagnie aérienne EasyJet a perdu 1,13 % à 1003,00 pence, le groupe Whitbread (propriétaire des hôtels Premier Inn) 2,99 % à 3085,00 pence, la chaîne de pubs Wetherspoon 3,25 % à 1308,00 pence et la société Restaurant Group (qui possède les restaurants Wagamama) 6,69 % à 120,00 pence.

Après avoir fait état d’une perte record de l’ordre du milliard d’euros lors de son exercice décalé 2020, la compagnie irlandaise Ryanair a reculé de 2,81 % à 16,44 euros à Dublin.

GlaxoSmithKline et Sanofi en bonne voie

Le laboratoire britannique GlaxoSmithKline (+0,67 % à 1379,60 pence) et son partenaire français Sanofi (+1,06 % à 87,64 euros) ont publié lundi des résultats positifs d’un essai clinique sur leur candidat-vaccin contre la COVID-19, après un revers qui avait occasionné plusieurs mois de retard.  

Adidas fuse

Le titre Adidas a franchi la fin de séance en tête du Dax (+2,86 % à 296,80 euros), restant porté par des informations de presse alléguant d’une offre de plus d’un milliard de dollars déposée par l’américain Authentic Brands pour la marque déficitaire Reebok dont le groupe allemand cherche à se séparer.

Le bitcoin à nouveau secoué par Musk

Le bitcoin est tombé brièvement lundi à 42 185 dollars, son plus bas depuis février, après que le patron de Tesla Elon Musk a attisé des spéculations pendant le week-end sur la vente possible ou déjà en cours des avoirs en bitcoin de son groupe. Il a ensuite démenti avoir vendu le moindre bitcoin.

Vers 16 h 45 GMT, la plus célèbre cryptomonnaie baissait de 2,44 % à 43 022 dollars alors qu’elle s’échangeait à plus de 50 000 dollars vendredi.

L’euro s’appréciait légèrement (+0,12 %) face au billet vert, à 1,2156 dollar.

Le pétrole progresse

Vers 16 h 45 GMT, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en juillet prenait 1,09 % à 69,46 dollars à Londres.

A New York, le baril américain de WTI pour le mois de juin gagnait 1,33 % à 66,24 dollars.