(New York) Les prix du pétrole sont montés en flèche après une diminution plus forte qu’attendu des stocks de brut aux États-Unis, signal positif pour la consommation d’or noir outre-Atlantique, sur fond de données encourageantes pour la demande, partagées par l’OPEP et l’AIE.

Agence France-Presse

Le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en juin a conclu en hausse de 4,57 % ou 2,91 dollars à 66,58 dollars à Londres.

À New York, le baril américain de WTI pour le mois de mai a gagné 4,93 % ou 2,97 dollars à 63,15 dollars.

En hausse en cours de séance européenne, les deux contrats de référence du brut ont fortement accru leurs gains à la publication par l’Agence américaine d’information sur l’Énergie (EIA) de stocks de pétrole brut en chute de 5,9 millions de barils la semaine passée.

C’est plus du double que ce qu’attendait le marché, les analystes interrogés par l’agence Bloomberg tablant plus tôt dans la journée sur une baisse de 2,7 millions de barils.

Les stocks d’essence sont montés de 300 000 barils, là où les analystes s’attendaient à une hausse plus marquée.

Cette fonte des stocks a reflété une notable accélération de la demande alors que 20,3 millions de barils par jour (mbj) ont été consommés par l’activité américaine, plus d’un million de plus que la semaine précédente.  

De plus, les fondamentaux du marché pétrolier sont désormais « plus solides », a estimé mercredi l’Agence internationale de l’énergie (AIE), en revoyant à la hausse ses prévisions de la demande pour 2021, sur fond de perspectives économiques plus encourageantes.

Après une chute historique l’an dernier, la demande devrait croître pour atteindre 96,7 millions de barils par jour.

La veille, l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) s’était déjà montrée un peu plus optimiste pour la demande mondiale de pétrole cette année au moment où le cartel s’apprête à assouplir les coupes dans sa production, avec un rebond mondial de la demande de brut attendu désormais à 6 millions de barils par jour en 2021.

« La demande ferme pour les produits pétroliers […] aux États-Unis, des stocks bien inférieurs aux prévisions et des révisions de la demande à la hausse par l’OPEP et l’AIE ont convaincu les marchés que l’augmentation à venir de la production de l’OPEP n’empêchera pas un marché haussier », a estimé Bart Melek, directeur stratégie pour les matières premières de TD Securities.

Des négociations difficiles sur le nucléaire iranien, qui éloignent la possibilité d’un retour sur le marché du pétrole de Téhéran soumis à embargo par Washington, ainsi qu’un dollar au plus bas depuis presque quatre semaines ont achevé de soutenir mercredi les cours du brut.