(New York) Les marchés européens ont presque tous limité la prise de risque mercredi, tout comme à New York où les investisseurs ont pris acte, sans surprise, de la publication des minutes de la dernière réunion monétaire de la Banque centrale américaine (Fed).

Agence France-Presse

La Bourse de Paris, au plus haut depuis juin 2007, a terminé à l’équilibre (-0,01 %), Francfort a baissé de 0,24 % au lendemain d’un nouveau record historique et Milan a reculé de 0,08 %. Seule la Bourse de Londres a fini dans le vert (+0,91 %).

Outre-Atlantique, le Dow Jones a avancé de 0,05 %. Le NASDAQ, à coloration technologique, a cédé 0,07 % tandis que le S&P 500 a grappillé un nouveau record en augmentant de 0,15 %.

« On sent un peu de flottement » sur les marchés, « presque depuis le début de la semaine », a observé auprès de l’AFP Alexandre Baradez, analyste à IG France.

Les marchés européens « ont du mal à accélérer », a-t-il relevé, ajoutant que le « schéma est similaire du côté des États-Unis ».

Cette période d’attentisme peut s’expliquer selon lui par la saison des résultats qui approche, « mais aussi par des débats au niveau international, notamment sur la fiscalité des entreprises » ou encore des tensions persistantes entre les États-Unis et la Chine.

Pourtant, des chiffres macroéconomiques « intéressants » ont été publiés en début de semaine ainsi que ce mercredi, soutenant « l’idée que la reprise va être là » une fois la situation sanitaire améliorée.

En France, l’activité du secteur privé s’est finalement stabilisée en mars après six mois de contraction continue, selon un indice définitif du cabinet IHS Markit, alors qu’une première estimation provisoire avait fait état d’une légère contraction.

Parmi les autres indicateurs, le déficit commercial des États-Unis a atteint en février un plus haut historique, à 71,1 milliards de dollars, en hausse de 4,8 % par rapport à janvier, sous l’effet d’un recul des exportations supérieur à celui des importations.

Dans les minutes de sa réunion monétaire du 17 mars, la Fed a réitéré que sa politique monétaire ultra-accommodante resterait en place jusqu’à ce que les cibles d’emploi et d’inflation soient atteintes.

Ce compte-rendu « était tellement conforme aux attentes que cela n’a pas vraiment affecté le marché », a relevé Tom Cahill, de Ventura Wealth Management.

Les taux obligataires sur la dette américaine à 10 ans ont légèrement augmenté en fin de séance, autour de 1,67 % vers 21 h GMT. Certains participants au Comité monétaire ont signalé que les prix pourraient être poussés à la hausse à cause de la forte demande, mais la plupart des membres de la Fed ont estimé que « les risques autour des perspectives de l’inflation étaient équilibrés ».

« Les bourses continuent de se baser sur une forte reprise, notamment de l’économie américaine, encore cet été », a estimé Konstantin Oldenburger, de CMC Markets.

Par ailleurs, les ministres des Finances et banquiers centraux des pays du G20, réunis virtuellement sous présidence italienne, ont annoncé une nouvelle extension de six mois, jusqu’à fin 2021, du moratoire sur la dette des pays les plus pauvres durement frappés par la pandémie.

EDF s’envole 

Le producteur d’électricité français EDF a bondi de 10,47 % à 12,40 euros, au lendemain d’une réunion au cours de laquelle les syndicats ont appris que l’État français pourrait racheter les parts minoritaires d’EDF pour un montant de 10 milliards d’euros, représentant 17 % du capital.

Deliveroo remonte la pente

L’action de la plateforme de livraison alimentaire Deliveroo a gagné 2,14 % à 286,00 pence pour la finalisation de son processus d’entrée en Bourse, le titre étant désormais ouvert aux petits investisseurs. Le titre avait sombré la semaine dernière, lors de ses tout premiers pas sur le marché.

Verdict de l’EMA sur AstraZeneca

Le laboratoire britannique AstraZeneca a lâché 1,17 % à 7099,00 pence. L’Agence européenne des médicaments (EMA) a annoncé mercredi que les caillots sanguins devraient être répertoriés comme effet secondaire « très rare » du vaccin AstraZeneca contre la COVID-19, tout en estimant que les bénéfices l’emportent sur les risques.

Du côté du pétrole, de l’euro et du bitcoin

Le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en juin a terminé en hausse de 0,70 % à 63,16 dollars à Londres.

À New York, le baril américain de WTI pour le mois de mai a pris 0,74 % à 59,77 dollars.

Dans le même temps, le dollar remontait légèrement face à l’euro (+0,11 %, à 1,1863 dollar) vers 19 h GMT, tandis que la livre britannique reculait face au billet vert (-0,68 %, à 1,3730 dollar). Le bitcoin baissait (-4,52 %, à 55 613 dollars).